Un projet d'aéroport critiqué pour son manque de viabilité

La conseillère départementale Hélène Pollozec exprime des doutes sur la faisabilité financière de la future plateforme aéroportuaire de Bouyouni et demande aux responsables de revoir le projet de transfert de l'aéroport de Petite-Terre vers Grande-Terre. Elle tient l'État pour responsable des difficultés rencontrées par l'initiative dite « Refondation de Mayotte », qui aurait ralenti depuis le passage du cyclone Chido.

Le manque de transparence alimente le scepticisme du public

Mme Pollozec souligne que les discussions sur la « Refondation de Mayotte » se tiennent fréquemment à huis clos, avec un accès public limité. Seul un petit nombre d'élus communiquent sur les avancées via les réseaux sociaux, ce qui a entraîné une défiance croissante de la population à l'égard de la crédibilité de cette initiative.

Une réunion stratégique met en lumière une acceptation silencieuse

L'avenir économique de Petite-Terre, en particulier après le remplacement de l'aéroport actuel par la plateforme de Bouyouni, a été abordé lors d'une réunion stratégique présidée par le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, à Pamandzi. Les élus locaux sont restés pour la plupart silencieux, acceptant la position de l'État en échange de promesses vagues d'investissements potentiels dans les communes de Dzaoudzi-Labattoir et de Pamandzi.

Les critiques à l'égard du projet de Bouyouni se multiplient

Mme Pollozec, qui siège en toute indépendance au sein de l'Assemblée de Mayotte, est une critique virulente du projet d'aéroport de Bouyouni, qu'elle qualifie de « conte de fées » présenté aux électeurs mahorais. Elle relève que le projet a été associé aux élections à venir en 2027 et 2028, et reconnaît avoir auparavant hésité quant à la requalification économique de Petite-Terre, faute de certitudes.

Les responsables réagissent de manière contrastée à la crise

Mme Pollozec se dit préoccupée par ce qu'elle décrit comme une infantilisation des responsables mahorais, notamment au regard des récentes manifestations lycéennes à Mayotte. La plupart des élus de Petite-Terre ont adopté une attitude résignée, à l'exception du sénateur Saïd Omar Oili. Un élu de Grande-Terre, en revanche, s'est fermement opposé à la position du gouvernement.

Les questions de financement jettent le doute sur le calendrier du projet

Dans un récent podcast, Mme Pollozec a affirmé que, quel que soit le scénario budgétaire ou la voie d'une loi spéciale, les fonds nécessaires au projet d'aéroport de Bouyouni ne sont pas disponibles à ce jour. Elle craint que les travaux ne débutent pas en 2027 et se demande si le prochain gouvernement maintiendra les mêmes priorités. Elle demande des estimations de coûts actualisées, les sources de financement et un calendrier de mobilisation des ressources pour le transfert de l'aéroport de Pamandzi vers Bouyouni.