Cinq femmes tuées dans le Centre-Val de Loire

Dans la région Centre-Val de Loire, cinq femmes ont été tuées en 2025 à la suite de violences conjugales, selon le ministère de l'Intérieur. Deux des décès sont survenus en Indre-et-Loire, deux dans le Loir-et-Cher et un en Eure-et-Loir.

Baisse nationale des morts violentes

À l'échelle nationale, 136 personnes ont perdu la vie dans le cadre d'une relation en 2025, soit une légère baisse par rapport aux 138 enregistrées en 2024. Toutefois, ce faible recul ne reflète pas une amélioration significative de la situation globale.

Les femmes restent les principales victimes

Les femmes représentaient 82 % des victimes de morts violentes au sein du couple en 2025, avec 111 femmes tuées. Ce chiffre correspond à une hausse de 4 % par rapport à l'année précédente, ce qui souligne le risque persistant auquel les femmes sont exposées dans ce type de situations.

Moins de victimes masculines recensées

Le rapport fait état de 25 victimes masculines en 2025, soit une baisse de 19 % par rapport à 2024. Ce recul s'inscrit dans une tendance plus large, sans pour autant atténuer la gravité du problème pour les femmes.

Des faits fréquents

Selon l'étude annuelle du ministère de l'Intérieur, une mort violente au sein du couple survient en moyenne tous les trois jours en France. L'étude a également recensé 435 tentatives d'homicide au sein du couple, signalées par les services de police et de gendarmerie.

Profil des auteurs

Les auteurs de ces crimes sont majoritairement des hommes, souvent de nationalité française, en couple avec la victime et sans activité professionnelle au moment des faits. L'âge médian des auteurs est de 50 ans, avec une hausse notable des auteurs âgés de 30 à 39 ans.

Suicides parmi les auteurs

L'étude révèle que 21 % des auteurs se sont suicidés après les faits, ce qui témoigne de l'impact psychologique de leurs actes. Cette statistique souligne la complexité des violences conjugales et de leurs conséquences.

Victimes ayant déjà subi des violences

Parmi les 111 femmes tuées en 2025, 37 % avaient déjà subi des violences. Parmi elles, 61 % avaient signalé ces violences à la police ou à la gendarmerie, et 88 % de celles qui les avaient signalées avaient déposé plainte.

Mesures de protection insuffisantes

Malgré ces efforts, les mesures de protection n'ont pas toujours suffi à empêcher les décès. Certaines victimes bénéficiaient du dispositif judiciaire de protection « Téléphone grave danger », et d'autres disposaient du bouton d'alerte « Monshérif », qui permet d'alerter discrètement en cas de danger.

Des violences souvent commises au domicile

Dans 76 % des cas, les morts violentes surviennent au domicile du couple, de la victime ou de l'auteur. Des armes blanches ont été utilisées dans 52 cas, et des armes à feu dans trente cas, ce qui illustre le caractère létal de ces faits.

Des enfants touchés par les violences conjugales

Les enfants sont également touchés par ces violences. Dans 17 % des cas, des enfants étaient présents sur les lieux, qu'ils aient ou non assisté aux faits. Neuf enfants ont perdu la vie à la suite de ces violences.

Causes fréquentes des faits

L'étude souligne que des disputes ont précédé les faits dans 26 % des cas, et que 22 % des faits se sont produits dans le contexte d'une séparation très difficile. Ces facteurs contribuent souvent à l'escalade des violences conjugales.

Aucune région épargnée

Aucune région de France n'est épargnée par ce phénomène. En 2025, les régions Grand Est, Hauts-de-France et Île-de-France ont enregistré le plus grand nombre de décès, avec 16 chacune. D'autres régions, notamment la Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur, ont également recensé plus de 10 victimes.

Des féminicides toujours présents en 2026

Si le bilan officiel des violences mortelles au sein du couple pour 2026 n'est pas encore connu, les premières données des organisations féministes indiquent la persistance des féminicides. Le collectif « Féminicides par compagnon ou ex » a recensé 75 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex depuis le début de l'année 2026.

Une définition plus large du féminicide

Le collectif féministe « NousToutes » retient une définition plus large du féminicide, en prenant en compte le rôle du patriarcat dans la commission et la banalisation de ces meurtres ainsi que des violences sexuelles et sexistes. Au 19 octobre 2026, le collectif comptabilisait 119 féminicides en France.

Des cas individuels mis en lumière

Parmi les victimes figurent Jeanne, 21 ans, tuée le 3 mai à son domicile de Tours (Indre-et-Loire) par son petit ami, et Vicinthe, 40 ans, tuée à son domicile de Suèvres (Loir-et-Cher) par son ex-compagnon le 11 juin 2026. Ces cas illustrent l'impact tragique et personnel des violences conjugales.