L'utilisation de l'IA dans la police prédictive en France a suscité des débats en ligne, la rapprochant de Minority Report et soulevant des questions sur l'exactitude et la transparence.
Le reportage de BFMTV suscite des réactions en ligne
Une discussion sur l'intelligence artificielle et la police prédictive lors d'un reportage de BFMTV, diffusé le 20 octobre, a poussé le compte X AlertesInfos à publier un tweet au ton sensationnaliste, affirmant que la France expérimentait un logiciel d'IA destiné à anticiper les émeutes. Ce message, qui a suscité une forte attention, faisait référence au film de science-fiction Minority Report sorti en 2002, qui mettait en scène un système capable de prédire les crimes.Une fausse manifestation créée en ligne
En réaction, des internautes ont organisé une fausse manifestation à Clermont-Ferrand, qui n'était pas réellement prévue. Cet événement a mis en lumière la réaction du public face à l'idée que l'IA puisse être utilisée pour prédire et prévenir des troubles, alors qu'aucun projet de ce type n'existait.Outils de police prédictive et leurs limites
L'utilisation de technologies de police prédictive, comme l'américain Palantir ou le français ChapsVision, soulève des interrogations quant à leur capacité à prévoir les rassemblements spontanés et à prévenir les violences. Un chercheur, qui a souhaité garder l'anonymat, a noté que si ces outils permettent de repérer des tendances, l'intelligence humaine reste, pour l'instant, plus efficace.Fonctionnement de la police prédictive
La police prédictive repose sur des logiciels qui analysent de grandes quantités de données, notamment les images des caméras de surveillance, les historiques de criminalité, les casiers judiciaires et les données issues des réseaux sociaux. Après les attentats du 13 novembre 2015, le gouvernement français a eu recours à Palantir, avant de passer au logiciel ArgonOS de ChapsVision en juin 2026 afin d'anticiper les menaces terroristes.Transparence et inquiétudes
Le fonctionnement de ces outils reste toutefois opaque, les entreprises et les services de l'État étant souvent réticents à fournir des informations aux journalistes et aux chercheurs. Un rapport de La Quadrature du Net a souligné le manque de transparence entourant le logiciel « Smart Police », relevant qu'il sert principalement à la gestion numérique et à la coordination de la police municipale, plutôt qu'à détecter les délits à venir.Usages dans le monde et résultats contrastés
PredPol, un programme américain de police prédictive, a été utilisé par la police de Los Angeles de 2010 jusqu'à son abandon en 2020, en raison de contraintes budgétaires et de préoccupations liées à la discrimination raciale. Une enquête a révélé que moins de 1 % des prédictions faites par PredPol dans le New Jersey en 2018 étaient exactes.L'unité argentine de sécurité par IA
En août 2024, l'Argentine a créé l'Unité d'intelligence artificielle appliquée à la sécurité (UIAAS), chargée de surveiller les réseaux sociaux, les sites web, les applications et le dark web. Malgré l'intérêt mondial pour la police prédictive, personne n'est parvenu à quantifier l'efficacité de tels outils. La dimension symbolique de ces technologies est jugée importante, car elles peuvent influencer les agendas politiques et l'élaboration de nouvelles lois.