Incidents de pillage en France

Plus de 3 000 commerces ont été saccagés et pillés en France le 17 octobre, entraînant d'importants dégâts et des arrestations pour violences ou vols.

Méthodes d'enquête

Les enquêteurs utilisent des vidéos de surveillance et des contenus publiés sur les réseaux sociaux pour identifier les auteurs. La police recourt à un logiciel d'intelligence artificielle baptisé « Citadel », développé par la start-up française Orasio, pour analyser les images vidéo.

Capacités de l'outil d'IA

Le logiciel « Citadel » permet aux enquêteurs de formuler des requêtes en langage naturel pour retrouver des suspects dans des milliers d'heures de vidéo. Il peut retracer les déplacements et repérer des détails précis, comme des vêtements ou des objets portés par des personnes.

Restrictions légales concernant la reconnaissance faciale

La reconnaissance faciale est interdite en France, sauf dans des cas précis autorisés par le règlement européen sur l'intelligence artificielle (AI Act) et le RGPD. Toutefois, la ministre de la Justice a indiqué qu'elle pourrait être utilisée pour comparer des images issues des réseaux sociaux avec le fichier TAJ (Traitement des antécédents judiciaires).

Collecte des preuves

À partir du 18 octobre, la police judiciaire et les techniciens de la police scientifique ont recueilli des éléments de preuve sur les lieux pillés, notamment des empreintes digitales, des traces ADN et des images de vidéosurveillance. Ils ont également obtenu des enregistrements provenant des transports, des parkings et des bâtiments publics.

Les réseaux sociaux, une ressource

La préfecture de police de Paris a lancé une plateforme destinée à recueillir les vidéos filmées par des témoins des pillages. Les enquêteurs utilisent ces vidéos, ainsi que d'autres images, pour identifier les suspects.

La capacité de traitement vidéo de Citadel

Citadel peut traiter de très grands volumes de vidéos, certaines enquêtes portant sur des images équivalant à 9 années d'enregistrements. Les enquêteurs peuvent saisir des requêtes en langage naturel, par exemple en décrivant les vêtements ou les objets d'une personne, afin de filtrer les images pertinentes.

Suivi des véhicules et des personnes

Le logiciel peut suivre des véhicules grâce à leur plaque d'immatriculation et reconstituer leur trajet à partir de l'emplacement des caméras et des horodatages. Si la plaque n'est pas disponible, il peut rechercher des caractéristiques précises du véhicule ou des signes distinctifs sur les personnes.

Limites concernant les données biométriques

La reconnaissance faciale reste interdite en France, bien que la ministre de la Justice ait promis de l'utiliser pour comparer des images issues des réseaux sociaux avec le fichier TAJ. Les outils d'Orasio peuvent être intégrés à des réseaux de vidéosurveillance urbaine en temps réel dans d'autres pays où la réglementation le permet.

Contraintes réglementaires en France

Le droit français encadre strictement l'utilisation de la surveillance algorithmique, en particulier pour les données biométriques. Le règlement européen sur l'IA et l'article 9 du RGPD définissent les exceptions, mais l'utilisation de l'IA pour détecter des caractéristiques physiques ou des comportements à des fins de prévention reste interdite.