Alliance activée à La Mecque

Le 5 octobre à Riyad, en Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont décidé d'activer sans délai l'Alliance de défense de La Mecque. Cet accord, signé le 7 août à La Mecque, n'avait jamais été invoqué auparavant. Ankara et Islamabad fourniront des forces et des capacités militaires, déployées rapidement sur le territoire du royaume.

Réponse aux attaques houthies

Riyad évoque des mesures de dissuasion collective en réponse à plusieurs semaines d'attaques houthies, qui ont comporté des missiles et des drones visant des villes et des aéroports saoudiens. Riyad accuse également les rebelles d'avoir visé La Mecque à la mi-septembre, une affirmation que les Houthis rejettent. La déclaration commune condamne les tentatives de frapper La Mecque et Médine, mais ne nomme pas les Houthis.

Mokha reprise par les forces saoudiennes

Au Yémen, le même jour, les forces du gouvernement internationalement reconnu ont annoncé la reprise de Mokha, un port de la mer Rouge situé près du détroit de Bab al-Mandab. La coalition dirigée par Riyad a fourni un soutien aérien. Les Houthis tenaient la ville depuis début septembre, et leur porte-parole affirme qu'ils conservent tous leurs gains, sans mentionner Mokha.

Importance stratégique du détroit

L'importance stratégique du détroit de Bab al-Mandab est soulignée par le fait que le trafic par Ormuz est perturbé depuis le début de la guerre contre l'Iran, qui s'est achevée en février. Selon IMF PortWatch, le trafic dans le détroit était presque inexistant au début du mois d'octobre. Depuis mars, le royaume achemine une grande partie de son pétrole brut par pipeline jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge.

Puissance militaire de l'alliance

Le traité pose un principe : une attaque contre l'un des membres est considérée comme une attaque contre tous. Cette clause est comparable à l'article 5 de l'OTAN. La Turquie dispose de la deuxième armée de l'OTAN par ses effectifs. Le Pakistan est le seul pays musulman doté d'armes nucléaires. L'Arabie saoudite compte parmi les premiers producteurs de pétrole au monde. Ensemble, selon l'indice Global Firepower 2026, ils disposent de près de 1,4 million de militaires d'active.

Liens militaires historiques

Entre Riyad et Islamabad, les liens militaires sont anciens. De 1967 à 2014, environ 8 250 cadets saoudiens ont été diplômés des académies militaires pakistanaises, selon le Parlement pakistanais. Les deux pays ont également signé un accord bilatéral de défense mutuelle en septembre 2025. La déclaration commune ne précise ni le nombre de militaires, ni le matériel, ni le calendrier.

Approbation nécessaire du Parlement turc

Du côté turc, l'élément clé est le Parlement. Il doit approuver le traité avant sa ratification. Le 8 octobre, le chef de la diplomatie, Hakan Fidan, a jugé le texte prêt à lui être soumis. Selon lui, l'accord est défensif et ne permet pas à Ankara d'envoyer des troupes dans un autre pays pour attaquer. Selon Al-Monitor, la Turquie exclut un rôle militaire direct au Yémen.

Les États-Unis hors de l'alliance

Les États-Unis, principal fournisseur d'armes de l'Arabie saoudite, ne sont pas membres de l'accord. Le 14 septembre, le vice-président JD Vance a évoqué des « discussions directes » avec les Houthis. Selon un responsable américain cité par l'AP, le Centcom partage des renseignements avec les forces saoudiennes et soutient leur planification. Des responsables régionaux cités par la même agence signalent une baisse des stocks d'intercepteurs à Riyad et à Washington.

Réaction de Trump et contexte historique

Le 7 octobre, Donald Trump a jugé « bien » que la Turquie et le Pakistan veuillent aider l'Arabie saoudite. Turcs et Pakistanais ont déjà été alliés. En 1955, le pacte de Bagdad les a réunis avec l'Iran, l'Irak et le Royaume-Uni contre l'URSS. Les États-Unis l'ont soutenu. Il a été dissous en 1979. Deux étapes sont désormais attendues : le vote du Parlement turc et l'annonce des premiers déploiements.