La recherche de nouveaux alliés par l'Arabie saoudite

L'Arabie saoudite cherche de plus en plus de nouveaux partenaires, car elle se sent abandonnée par les États-Unis et fait face à des menaces croissantes de la part de l'Iran et des rebelles houthis au Yémen. Donald Trump ayant montré peu d'empressement à soutenir directement l'Arabie saoudite, Riyad explore d'autres alliances afin de garantir sa sécurité.

La réponse hésitante de Donald Trump

La réponse de Donald Trump aux attaques des houthis contre l'aéroport de Riyad, le 10 octobre, a été prudente : il a déclaré que les États-Unis allaient « examiner » la possibilité d'une intervention militaire. Cette hésitation contraste avec la relation militaire américano-saoudienne, historiquement solide, qui assure depuis longtemps à l'Arabie saoudite des garanties de sécurité.

Les liens militaires historiques entre les États-Unis et l'Arabie saoudite

Depuis le pacte du Quincy en 1945, les États-Unis sont un partenaire militaire clé de l'Arabie saoudite. Ils fournissent au royaume des équipements, des bases et la 5e flotte afin de protéger ses intérêts. Ce partenariat a été déterminant pour préserver la sécurité saoudienne face à des menaces régionales comme l'Iran.

Abandon et évolution des alliances

Le sentiment que les États-Unis ont abandonné l'Arabie saoudite s'est accru, notamment depuis que Trump a montré sa réticence à agir dans le conflit de 2026 avec les rebelles houthis. Cela a conduit Riyad à envisager de nouvelles alliances, alors que le commandement central américain peine à protéger les pays du Golfe contre les attaques iraniennes.

Une ambiguïté stratégique à l'égard d'Israël

Si une alliance avec Israël pourrait offrir des avantages stratégiques, l'Arabie saoudite reste prudente. L'opinion publique saoudienne n'est pas favorable à un rapprochement avec Israël, qui pourrait permettre à l'Iran d'exploiter les tensions régionales. Les dirigeants saoudiens ont donc maintenu une ambiguïté stratégique envers Israël.

Le pacte de La Mecque avec le Pakistan et la Turquie

Pour combler le vide sécuritaire laissé par les États-Unis, l'Arabie saoudite a conclu le pacte de La Mecque avec le Pakistan et la Turquie. Cette alliance vise à offrir un bouclier défensif face aux menaces régionales, le Pakistan apportant une protection nucléaire et la Turquie une technologie militaire avancée.

Les limites du pacte de La Mecque

Malgré ses ambitions, le pacte de La Mecque a une portée limitée, car il se concentre sur la défense plutôt que sur l'intervention active. Ni le Pakistan ni la Turquie ne disposent de la capacité de projeter leur puissance militaire au Yémen ou de sécuriser la mer Rouge, pourtant essentielle aux exportations pétrolières saoudiennes.

L'intérêt européen pour la sécurité du Golfe

Les pays européens, en particulier la France, sont de plus en plus perçus comme de potentiels nouveaux alliés pour l'Arabie saoudite. Leur neutralité dans le conflit israélo-palestinien et leurs capacités maritimes en font des partenaires attractifs pour sécuriser la mer Rouge et contrer la menace houthie.

L'avenir des alliances dans le Golfe

Alors que l'Arabie saoudite cherche à remplacer le parapluie sécuritaire américain, le rôle des puissances européennes et la viabilité du pacte de La Mecque seront déterminants. La recherche de partenaires fiables illustre l'évolution des équilibres de sécurité régionaux et l'importance croissante de la coopération internationale dans le Golfe.