Le Mali s'attaque à la hausse des cybermenaces grâce à l'IA, alors que la cybercriminalité évolue avec des attaques pilotées par l'IA à travers l'Afrique, selon les rapports de l'UIT et d'INTERPOL.
La transformation numérique en Afrique progresse, mais avec des risques
L'Afrique adopte rapidement les technologies numériques, mais ces progrès s'accompagnent d'une hausse des risques en matière de cybersécurité. L'Union internationale des télécommunications (UIT) a exhorté les pays africains à renforcer leurs mesures de cybersécurité afin de tirer pleinement profit des technologies de l'information et de la communication (TIC).Le Mali renforce ses efforts en matière de cybersécurité
Au Mali, les autorités s'efforcent d'améliorer leur capacité à prévenir les cyberattaques et à y réagir. Le pays étudie l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) alors qu'il restructure son cadre national de cybersécurité. La quatrième édition des Journées nationales de la cybersécurité (JNC) se tient à Bamako du 27 au 30 octobre, sous le thème « Intelligence artificielle et cyberespace : nouveaux défis pour la cybersécurité ».Les cybercriminels utilisent l'IA pour renforcer leurs attaques
Les responsables maliens mettent en garde contre le fait que les cybercriminels utilisent l'IA pour perfectionner leurs méthodes. Lors de l'ouverture des Journées nationales de la cybersécurité, Saïdou Pona Sankaré, président de l'Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l'information et de la communication et des postes (AMRTP), a déclaré que l'IA et l'apprentissage automatique transforment le paysage de la cybercriminalité. Ces technologies permettent des attaques plus rapides et plus personnalisées et ont déjà contribué à la hausse de la cybercriminalité dans le pays.Hausse des cas de cybercriminalité au Mali
En 2025, le Centre national de lutte contre la cybercriminalité du Mali a enregistré 1 338 cas de cybercriminalité, dont 1 130 plaintes et 208 auto-saisines. Ces infractions concernent surtout la fraude en ligne, le vol d'identité, les escroqueries liées aux moyens de paiement et les attaques contre les systèmes informatiques. Toutefois, les données ne précisent pas combien de ces affaires impliquaient l'IA.Le rôle de l'IA dans la cybercriminalité en Afrique
À l'échelle africaine, l'utilisation de l'IA dans la cybercriminalité suscite une inquiétude croissante. Selon le rapport 2026 d'INTERPOL, l'IA est impliquée dans 55 % des cybercrimes signalés dans 36 pays africains. L'organisation souligne le rôle de l'IA dans la création de courriels d'hameçonnage convaincants, l'automatisation des escroqueries et la génération de fausses identités numériques. Les hypertrucages (deepfakes), qui peuvent reproduire des voix et créer de fausses images ou vidéos, sont également utilisés pour le vol d'identité et le harcèlement en ligne.L'IA peut aussi aider à se défendre contre les cybermenaces
Malgré ces risques, l'IA peut aussi être un outil puissant en matière de cybersécurité. Saïdou Pona Sankaré a souligné que l'IA peut détecter des activités inhabituelles, analyser des comportements suspects et prévenir les cyberattaques. Les systèmes d'apprentissage automatique peuvent rapidement identifier les menaces potentielles en analysant de grandes quantités de données. INTERPOL recommande également d'utiliser l'IA pour détecter les tentatives d'hameçonnage, surveiller les anomalies des réseaux et faciliter l'investigation numérique.Les défis de l'adoption de l'IA pour la cybersécurité
Le rapport 2025 d'INTERPOL révèle que 86 % des services de police interrogés n'avaient pas encore intégré l'IA à leurs opérations. L'organisation insiste sur la nécessité de mieux former les enquêteurs et les experts en cybersécurité afin d'utiliser efficacement les outils d'IA. La supervision humaine demeure essentielle pour garantir que les systèmes d'IA sont utilisés de manière responsable et que leurs limites sont comprises.