Le bond numérique de l'Afrique avec la 5G apporte innovation mais aussi de nouveaux risques cyber, appelant à une collaboration urgente et à des talents locaux en cybersécurité.
La transition numérique s'accélère en Afrique
L'Afrique connaît une profonde transformation numérique, portée en grande partie par le déploiement de la technologie 5G. Ce changement redessine l'économie du continent et le quotidien de ses habitants, en ouvrant de nouvelles perspectives mais aussi de nouvelles vulnérabilités.La 5G fait croître les cybermenaces
L'extension des réseaux 5G a accru l'exposition du continent aux cybermenaces, élargissant la « surface d'attaque » que des acteurs malveillants peuvent exploiter. Cela suscite des inquiétudes quant à la sécurité des infrastructures personnelles comme nationales.Un panel sur la cyber-résilience à l'ADEX 2026
Lors d'une table ronde organisée le 21 octobre à l'Africa Digital Expo (ADEX 2026), des experts venus de toute l'Afrique ont abordé les défis du maintien de la cyber-résilience à l'ère de la 5G. Titilope Fakuade, de MTN Bénin, a insisté sur la nécessité d'une action immédiate et coordonnée.Les mesures de sécurité proactives sont indispensables
Titilope Fakuade a souligné l'importance de concevoir les initiatives numériques en plaçant la sécurité au cœur du dispositif. Selon elle, la sécurité doit être intégrée dès le départ, avec des systèmes capables de détecter les menaces et d'y répondre à chaque étape de la chaîne de valeur numérique.La collaboration entre institutions est essentielle
Luciano Hounkponou, président de l'Autorité de protection des données personnelles (APDP), a mis en avant la nécessité d'une collaboration entre les différents organismes de régulation. Selon lui, des réglementations isolées ne suffisent plus, et la coopération entre les agences de protection des données, les autorités de cybersécurité et les régulateurs des communications est indispensable.Le stockage local des données est un impératif de sécurité
Luciano Hounkponou a également insisté sur l'importance du stockage local des données pour la souveraineté numérique de l'Afrique. Il estime que les serveurs critiques doivent être déployés sur le territoire national afin de garantir la sécurité et la conformité au Code du numérique.La sécurité passive est une fausse impression de sûreté
Ouanilo Medegan Fagla, directeur du Centre national d'investigations numériques (CNIN) du Bénin, a mis en garde contre l'idée que la technologie seule peut garantir la sécurité. Il a souligné que les risques réels proviennent de la manière dont les personnes utilisent les outils numériques, et que les incidents doivent être partagés ouvertement afin de renforcer la confiance et d'améliorer les défenses.Le facteur humain est au cœur de la cybersécurité
Le panel a conclu que la cybersécurité dépend, en fin de compte, des personnes. Le développement de l'expertise locale et la promotion des talents sont essentiels pour que la croissance numérique de l'Afrique ne se fasse pas au détriment de la sécurité de ses infrastructures critiques.