Des affrontements ont éclaté ce matin devant le lycée Édouard-Herriot à Lyon alors que des élèves manifestaient contre ce qu’ils décrivent comme des conditions d’enseignement déplorables dans les établissements scolaires. Si les étudiants s’accordent sur les problèmes qu’ils rencontrent, leurs avis divergent quant aux méthodes pour faire entendre leurs revendications. La mobilisation a débuté tôt, dès 7 h 30, devant le lycée Édouard-Herriot. D’ordinaire, les élèves arrivent pour les cours, mais peu de cours auront lieu aujourd’hui. Les lycéens resteront à l’abri à l’intérieur du bâtiment. Dehors, le chaos règne : des palettes brûlent et les forces de l’ordre répondent par des grenades lacrymogènes. Des groupes d’élèves tentent de bloquer la rue et l’accès à l’établissement. Un élève du lycée Édouard-Herriot a déclaré : « Je suis venu en cours, j’ai été gazé. On a été frappés par la police. Je n’ai rien fait. » Le mouvement a pris de l’ampleur dans la matinée, avec l’arrivée de lycéens d’autres établissements se dirigeant vers le lycée Édouard-Herriot. Des parents inquiets sont venus chercher leurs enfants. Un élève a souligné : « Nous ne sommes pas violents, mais c’est grave que les élèves en soient réduits à en arriver là pour se faire entendre. » À quelques mètres de là, d’autres lycéens manifestaient de manière calme et ordonnée. Insatisfaits des conditions dans lesquelles ils étudient, leurs messages ne prônent pas la violence. On pouvait lire sur des pancartes en carton : « Étudier ne devrait pas être un luxe » ou « Plus de moyens pour l’Éducation nationale ». Ils sont venus soutenir les lycées des quartiers périphériques. Une lycéenne en manifestation devant le lycée Édouard-Herriot a confié : « On n’est pas écoutés. On nous traite de fauteurs de troubles. Pourtant, dans mon lycée, il n’y avait pas toujours un professeur pour assurer le cours. » En milieu de journée, la préfecture du Rhône a fait état de soixante-quinze personnes interpellées entre hier et aujourd’hui. Quinze personnes ont été blessées, dont un gendarme et sept policiers. Ce soir, le groupe scolaire Saint-Exupéry à Lyon a annoncé que tous les cours se dérouleront en ligne demain, invitant les élèves à rester chez eux pour éviter tout incident.