La calotte polaire sud de Mars abrite d'énigmatiques sillons en forme d'araignée, façonnés par la sublimation de la glace de CO2, révélant un processus géologique unique piloté par le Soleil.
Mystérieux sillons martiens identifiés
Un kilomètre de long, parfois davantage : telle est la taille que peuvent atteindre certains sillons sombres, appelés araneiformes, qui balafrent la calotte polaire sud de Mars. Ces formations, que les chercheurs ont surnommées araneiformes en référence à leur ressemblance avec les pattes d'arachnides, se concentrent dans une zone très précise : les hautes latitudes du pôle Sud martien.Mécanisme de formation découvert
Ces sillons en forme d'araignée résultent de la sublimation de glace de CO2 piégée sous la surface, qui fracture la calotte polaire au printemps, selon le mécanisme dit de Kieffer. Le gaz libéré sous pression entraîne poussière et sable sombre, qui se déposent en motifs radiaux, creusant peu à peu les sillons grâce à la répétition annuelle du phénomène.Processus expliqué en détail
Tout commence pendant l'hiver austral martien, une saison de froid extrême où le dioxyde de carbone atmosphérique se condense directement au sol pour former une couche de glace translucide. Avec le retour du printemps, le rayonnement solaire devient plus intense, ce qui provoque la sublimation directe de la glace de CO2, du solide au gaz. La pression ainsi créée finit par fracturer la couche de glace et libère un jet de gaz chargé de poussière et de sable.Phénomène martien unique
Ce cycle, observé par les sondes Mars Express et ExoMars Trace Gas Orbiter, est unique dans le système solaire, car il ne repose que sur l'énergie solaire, sans eau ni activité hydrothermale. Ce qui impressionne les chercheurs, c'est la rapidité du processus : certains réseaux se forment en quelques jours à quelques mois, une vitesse remarquable à l'échelle géologique.Autres particularités martiennes à proximité
Ce qui impressionne les chercheurs, c'est la rapidité du processus : certains réseaux se forment en quelques jours à quelques mois, une vitesse remarquable à l'échelle géologique. Ces araignées martiennes constituent un véritable laboratoire naturel pour comprendre le cycle saisonnier du CO2 sur la planète rouge, un cycle sans équivalent sur Terre, où les geysers connus résultent toujours d'une activité hydrothermale liée à la chaleur interne de la planète.