En 2003, les États-Unis ont envahi l’Irak, affirmant que le pays disposait d’armes de destruction massive et était sous l’influence du régime de Saddam Hussein. Au fil des années, la présence militaire américaine en Irak a diminué, et le 30 septembre 2021, les derniers soldats américains avaient officiellement quitté le pays. En échange de ce retrait, le gouvernement irakien s’était engagé à désarmer les puissants groupes armés alignés sur l’Iran et échappant au contrôle de l’État irakien. Ces groupes ont été une source d’instabilité et ont souvent agi en dehors de l’autorité gouvernementale. Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, a récemment annoncé un nouveau délai pour le désarmement de ces groupes, fixant celui-ci au 30 juin 2027. Cette prolongation intervient après l’échec à respecter le premier délai, établi en 2021. Le nouveau calendrier vise à donner plus de temps au gouvernement pour traiter cette question, mais il soulève des interrogations quant à la faisabilité de cet objectif. Beaucoup estiment que ces groupes sont profondément ancrés dans la société irakienne et bénéficient du soutien d’acteurs régionaux puissants. Les groupes armés en question incluent des milices comme les Forces de mobilisation populaire, qui ont joué un rôle majeur dans la lutte contre l’État islamique, mais ont aussi été accusées d’agir en dehors du cadre légal. Leur désarmement représente un défi politique et sécuritaire complexe, car il implique non seulement des actions militaires, mais aussi des négociations avec divers acteurs, dont l’Iran, qui entretient des liens étroits avec plusieurs de ces groupes. L’extension du délai met en lumière les défis persistants auxquels l’Irak est confronté pour consolider sa souveraineté et préserver sa stabilité. Avec le départ des troupes américaines, le gouvernement irakien doit désormais trouver un équilibre délicat entre la gestion des menaces sécuritaires internes et le maintien de ses relations avec les puissances régionales. La réussite ou l’échec de cette entreprise de désarmement aura probablement des répercussions durables sur le paysage politique irakien et ses relations avec ses voisins.