Diversification du tourisme proposée en 2004

En septembre 2004, le Comité martiniquais du tourisme (CMT) a appelé à un tourisme plus diversifié, axé sur la nature, la culture et l’économie locale. Porté par Madeleine de Grandmaison, alors présidente du CMT et vice-présidente du Conseil régional, ce projet visait à transformer le secteur touristique de la Martinique. Il mettait l’accent sur un meilleur accueil, des activités variées, de nouveaux marchés, la formation professionnelle et la garantie que le tourisme profite aux habitants.

Les difficultés du secteur touristique martiniquais

Les documents de 2004 soulignaient un secteur en difficulté, avec une baisse de la fréquentation après le sommet de 1999 et les effets des attentats du 11 septembre 2001. Parmi les autres défis figuraient une desserte aérienne limitée, la concurrence d’autres destinations caribéennes, des infrastructures vieillissantes, des ressources sous-exploitées, une promotion irrégulière et un manque de professionnalisation du secteur.

L’évolution du nombre de touristes

Selon les données historiques du CMT, publiées par l’Insee, le nombre de touristes séjournant en Martinique s’élevait à 564 303 en 1999, avant de tomber à 470 890 en 2004. En 2025, ce chiffre était remonté à 569 947, soit une hausse de 21 % par rapport à 2004, mais seulement 1 % au-dessus du pic de 1999. En comptant les croisiéristes, les plaisanciers et les autres visiteurs, le total atteignait 1 029 863 en 2025.

Reconnaissances culturelles et environnementales

Des avancées importantes ont été réalisées pour préserver l’image et le patrimoine de la Martinique. L’île est devenue réserve de biosphère de l’UNESCO en 2021, et en 2023, les « Volcans et forêts de la montagne Pelée et les fosses septentrionales de la Martinique » ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Ces distinctions mettent en valeur la richesse naturelle que les documents de 2004 avaient déjà mise en avant.

Tendances et défis de l’hébergement

En 2025, 51,9 % des touristes séjournant sur l’île ont choisi un hébergement hors hôtel, comme des villas, des appartements ou des chambres d’hôtes, contre 16,6 % pour l’hôtellerie. Ce changement impose de penser le tourisme au-delà des établissements hôteliers traditionnels. Si les séjours à l’hôtel ont reculé de 6,4 % sur un an, le nombre global de visiteurs n’a pas diminué, ce qui témoigne d’une offre d’hébergement plus variée.

Ciblage des marchés et tendances régionales

En 2004, la Martinique cherchait à renforcer son marché en France tout en se tournant vers les clientèles européenne, nord-américaine et caribéenne. En 2025, 67,8 % des touristes séjournant sur l’île venaient de l’Hexagone, tandis que le Canada représentait 7,6 % et affichait une hausse de 22 % sur un an. Cela traduit une certaine diversification, mais aussi une dépendance persistante au marché français.

Impact économique et dépenses

Les documents de 2004 insistaient sur l’intégration économique du tourisme, en le reliant à d’autres secteurs. En 2025, la fréquentation totale a progressé de 4,2 %, mais les dépenses directes des visiteurs ont reculé de 1,4 % pour atteindre 586,7 millions d’euros. Les touristes séjournant sur l’île ont représenté 94,5 % de ces dépenses, ce qui montre qu’en dépit de la hausse du nombre de visiteurs, l’impact économique pourrait ne pas être aussi fort.

Enjeux environnementaux et durabilité

De nouveaux défis environnementaux, comme les échouages récurrents de sargasses depuis 2011, ont touché les zones côtières de la Martinique. Ces problèmes ne préoccupaient pas en 2004, mais aujourd’hui, le secteur touristique doit concilier la valorisation des atouts naturels et des pratiques durables. L’UNESCO a averti que l’augmentation de la fréquentation touristique sur les sites du patrimoine mondial peut entraîner une dégradation de l’environnement.

Bilan des objectifs passés et perspectives

Relire les documents de 2004 permet d’évaluer les progrès accomplis dans le secteur touristique martiniquais et soulève des questions sur les objectifs à venir. La note de Madeleine de Grandmaison, qui affirmait en 2004 que la politique touristique doit être ajustée en permanence, reste d’actualité, alors que l’île continue de faire évoluer son approche du tourisme.