Le pétrole atteint son niveau le plus haut depuis mai

Le prix du pétrole a atteint son niveau le plus haut depuis mai, alors que le détroit d'Ormuz est partiellement bloqué et que les marchés craignent une nouvelle escalade du conflit entre l'Iran et les États-Unis. Vendredi, le prix du Brent a grimpé à 115 dollars, sous l'effet des inquiétudes liées aux attaques répétées des Houthis yéménites contre l'Arabie saoudite et d'éventuelles nouvelles tensions entre Washington et Téhéran.

Hausse des prix et tensions militaires

Des analystes d'ING ont relevé que des informations laissent penser que le président Trump envisage de nouvelles frappes militaires contre l'Iran, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région. Ces évolutions, ont-ils indiqué, rendent plus difficile la baisse des tensions ou le retour à des flux pétroliers normaux, même après les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre. Le président Trump a affirmé que l'Iran cherche à faire monter les prix du pétrole avant ces élections, qui sont importantes pour le Parti républicain.

Attaques houthies et instabilité régionale

Un autre facteur ayant fait grimper les prix du pétrole est l'intensification des attaques des Houthis contre les infrastructures civiles saoudiennes, notamment des sites pétroliers et des aéroports. Ces attaques ont atteint un niveau sans précédent depuis le début du conflit au Yémen en 2014. Alors que le détroit d'Ormuz est sous tension, la capacité de l'Arabie saoudite à exporter son pétrole par la mer Rouge est devenue cruciale pour le marché pétrolier.

Incertitude sur l'offre pétrolière et hausse des coûts de transport

Barbara Lambrecht, analyste à la Commerzbank, a déclaré qu'il existe une grande incertitude quant au volume actuel de pétrole disponible sur le marché. Par ailleurs, la plateforme Kpler a indiqué que les exportations de pétrole des pays du Golfe sont revenues à des niveaux supérieurs à ceux d'avant la guerre. Toutefois, des inquiétudes persistent quant à de nouvelles attaques qui pourraient perturber la production, le raffinage ou les infrastructures d'exportation. Le coût du transport du pétrole est également devenu extrêmement élevé : le fret pour acheminer du brut du Golfe vers la Chine atteint près de 25 % du prix d'un baril.

La hausse des prix du gaz en Europe alimentée par les craintes d'approvisionnement

Le principal indice du gaz européen, le contrat à terme néerlandais TTF, a atteint son niveau le plus haut depuis 2022, en hausse de 4,16 %, à 93,72 euros le mégawattheure. Les analystes soulignent que la faiblesse des livraisons de gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe, les récentes attaques contre un méthanier près du Yémen et les faibles niveaux de stockage de gaz en Europe contribuent à la hausse des prix. Les dégâts subis par plusieurs raffineries du Moyen-Orient limitent également la production d'essence et de gazole, et un retour à la capacité de raffinage d'avant-guerre n'est pas attendu avant le deuxième trimestre 2027.