Une ligne de train à grande vitesse en Espagne reliant les villes de Tolède, Albacete et Cuenca a été fermée moins de six mois après son ouverture, en raison d’une utilisation extrêmement faible. Renfe, l’entreprise nationale ferroviaire espagnole, avait lancé cette ligne le 19 décembre 2010 dans le cadre d’un grand projet d’infrastructure appelé le corridor Madrid-Levante. Le service proposait trois allers-retours quotidiens, mais il a été interrompu le 1er juillet 2011 après que des rapports eurent révélé que la ligne n’avait transporté en moyenne que neuf passagers par jour pendant ses six mois de fonctionnement.
Selon les données publiées par Renfe lors d’une conférence de presse en juin 2011, la liaison Tolède-Albacete enregistrait une moyenne de neuf passagers par jour, tandis que celle entre Tolède et Cuenca en comptait sept. Cela représentait un taux d’occupation global de seulement 4,7 %. Les trains à grande vitesse, capables d’accueillir plus de 200 passagers, circulaient avec une capacité équivalente à celle d’un petit bus. Sur six mois, la ligne avait transporté environ 2 796 passagers, alors que son exploitation coûtait à l’entreprise 18 000 euros par jour, soit un total de plus de 3,2 millions d’euros.
Renfe avait lancé ce service à la demande des maires locaux, qui étaient convaincus que cette infrastructure profiterait à leurs communautés. Cependant, l’écart entre les promesses politiques et l’usage réel du train s’est révélé être un problème majeur. Cette ligne est considérée comme un exemple de la bulle économique espagnole entre 2008 et 2010, période durant laquelle de grands projets d’infrastructure ont été construits sans vérification préalable de la demande réelle. Cette situation rappelle celle des aéroports sous-utilisés construits à la même époque, comme celui de Ciudad Real, qui est resté largement sans vols commerciaux.
Après l’annulation du service, Renfe a réorganisé son approche en se concentrant sur les déplacements essentiels entre Madrid et Tolède. Le service direct à grande vitesse AVE a été remplacé par deux nouvelles liaisons Avant, proposant des tarifs moins élevés. Les voyageurs souhaitant se rendre à Cuenca ou Albacete devaient désormais effectuer une correspondance à Madrid. Un billet combiné, moins cher que le tarif AVE initial, permettait aux passagers d’effectuer ces correspondances. Ce changement reflétait la nécessité pour le service d’être autosuffisant grâce à la vente de billets, car le train à grande vitesse n’est généralement pas subventionné. Sans un nombre suffisant de clients pour couvrir les coûts, la ligne directe n’avait plus de justification économique. Aujourd’hui, le corridor Madrid-Levante reste bien desservi, mais par le biais de différents modèles opérationnels qui passent tous par Madrid.
Ligne à grande vitesse espagnole abandonnée après une faible fréquentation
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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