Accusations de fausse responsabilité imputée à LFI

Selon un article publié le lundi 19 octobre par Mediapart, des policiers et des membres des services de renseignement auraient reçu des consignes pour imputer à La France insoumise (LFI) les pillages et les dégradations survenus lors des récentes mobilisations du samedi 17 octobre.

Critiques des propos du président

Franck Cellier, journaliste et rédacteur en chef de Parallèle Sud, a accusé le président de la République de mentir lorsqu'il a évoqué l'« ultragauche » dans un discours prononcé le dimanche 18 octobre, affirmant que le chef de l'État était à l'origine de la violence. Ce discours a été repris par certains responsables politiques de droite et d'extrême droite.

Les doutes du procureur de Paris

La procureure de Paris a reconnu qu'elle ne pouvait pas « confirmer » que les auteurs de violences interpellés étaient des « personnes politisées à l'ultragauche ». Pourtant, le Premier ministre a repris ce récit en réponse aux critiques selon lesquelles le ministre de l'Intérieur aurait sous-estimé l'ampleur des mouvements sociaux du 17 octobre.

Un discours qui revient

Dans un article publié le lundi 19 octobre, Mediapart souligne le retour de ce discours de l'exécutif, rappelant des déclarations similaires faites lors des mobilisations étudiantes. Le 28 septembre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé l'irresponsabilité des élus de LFI participant à ces mouvements.

Un démenti sur l'implication de LFI

Samedi dernier, il a affirmé que « ce qui est certain, c'est que nous avons repéré sur l'ensemble du territoire national un grand nombre de militants de l'ultragauche » présents pour « faire parfois le coup de poing ». Face aux déclarations de la procureure de Paris, il a nié cette réalité, affirmant que « l'ultragauche, qui a l'habitude de ce type d'événements, a évité d'être interpellée ».

La position du garde des Sceaux

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin lui a emboîté le pas, en déclarant que « les agitateurs de l'ultragauche qui veulent déstabiliser les institutions » constituent l'une des principales menaces pour la France.

Des consignes pour travestir le rôle de LFI

Mediapart affirme avoir consulté des échanges écrits dans lesquels un commissaire du renseignement territorial (RT) confirme que des consignes ont été données pour écrire dans leurs rapports, contrairement à la réalité des faits, que « LFI est derrière le mouvement ».

La réaction d'un responsable syndical de police

Un responsable national d'un syndicat de police s'est dit surpris par les accusations visant LFI, déclarant : « Je ne vois pas ce que LFI vient faire dans ce fiasco. Il est dangereux de politiser une défaillance aussi flagrante et surtout de ne pas assumer pleinement la responsabilité. »

Des alertes sur les risques de troubles

Selon le média Intelligence Online, cité par Mediapart, la Direction nationale du renseignement territorial « a alerté à plusieurs reprises et depuis longtemps l'exécutif sur un embrasement à venir et le retour du mouvement des Gilets jaunes sous une autre forme, potentiellement plus violente ».

Des critiques sur le cadrage du gouvernement

Un préfet interrogé a évoqué des « gamins » en parlant des casseurs, y voyant la réalité qui démontre l'échec d'une politique envers la jeunesse, ajoutant que « pointer la responsabilité de LFI n'est pas le bon cadrage pour le gouvernement ».

Questions sur le déploiement policier

À Paris et à Marseille, deux villes marquées par des pillages ce week-end, les élus s'interrogent également et soulèvent une question qui irrite le gouvernement : pourquoi la majorité des forces de police ont-elles été mobilisées sur les cortèges plutôt que pour protéger les commerces contre ces actes violents ?

Les échos d'échecs passés

Cette question, ainsi qu'une défaillance du dispositif entourant les mobilisations, rappellent celles du premier gouvernement confronté au mouvement des Gilets jaunes sous la présidence d'Emmanuel Macron.