Un outil d'IA prédit la survie de patients cancéreux à partir de selfies, en analysant les traits du visage liés à la mortalité. Une autre IA estime l'âge biologique via les signes du vieillissement facial.
Un outil d'IA prédit la survie des patients atteints de cancer à partir de selfies
Un outil d'intelligence artificielle baptisé FAHR-FaceSurvival, mis au point par des chercheurs du Mass General Brigham, un hôpital du Massachusetts, peut prédire les chances de survie de patients atteints de cancer à partir d'un selfie. Cet outil repose sur FAHR-Face, un modèle d'IA entraîné sur plus de 40 millions d'images de visages, et a été perfectionné à l'aide de 34 363 photos de patients atteints de cancer.Une attention portée à des zones spécifiques du visage
L'outil se concentre sur la zone située sous les yeux et autour du nez, qui est associée à la mortalité. Testé sur une sous-cohorte de 3 820 patients issus de la base de données de test Harvard-RT, l'outil a repéré 122 patients présentant un risque élevé de décès, dont 52,5 % sont décédés dans les 90 jours suivant l'évaluation, selon une étude publiée dans la revue Lancet Digital Health.L'IA estime aussi l'âge biologique
Parallèlement à FAHR-FaceSurvival, les chercheurs ont mis au point FAHR-FaceAge, un outil capable d'estimer l'âge biologique d'un patient en analysant les sillons naso-géniens, la zone située juste au-dessus des orbites et les tempes. Ces régions sont associées au vieillissement.Des tests sur différents jeux de données
FAHR-FaceAge a été testé sur plusieurs jeux de données, notamment Harvard-RT et APPA-REAL, qui regroupe des personnes présumées en bonne santé. Parmi les 1 060 patients dont l'âge biologique dépassait de plus de 20 ans leur âge chronologique, 21 % sont décédés dans les 90 jours.Le mode de vie influe sur le vieillissement
À l'inverse, environ 6 % des 4 195 patients dont l'âge biologique était inférieur d'au moins 10 ans à leur âge réel sont décédés dans les 90 jours. Les chercheurs notent que le maquillage, la chirurgie et d'autres modifications esthétiques du visage n'ont pas affecté les performances de FAHR-FaceAge. Cependant, des facteurs liés au mode de vie, comme une forte consommation d'alcool ou le tabagisme, sont associés à un vieillissement prématuré.Des informations de santé complémentaires
Les chercheurs soulignent que FAHR-FaceAge et FAHR-FaceSurvival fournissent des informations différentes et complémentaires sur la santé d'un patient. Leurs prédictions sont faiblement corrélées et restent associées de façon indépendante à la survie lorsqu'elles sont analysées ensemble. Ils précisent que ces outils ne sont pas destinés à remplacer les médecins, mais à les aider en rendant l'évaluation de la santé à partir de photographies du visage plus quantitative, plus cohérente et plus facile à appliquer pour étayer des décisions thérapeutiques personnalisées.Limites et accessibilité
Les chercheurs mettent en avant l'utilisation de « photographies faciales publiques, peu coûteuses et facilement accessibles », ce qui élargit l'application clinique de FAHR-FaceSurvival et permet de surmonter les « limites liées à la taille et à la généralisabilité des jeux de données cliniques ». Ils reconnaissent toutefois que la qualité des images, l'éclairage et l'expression du visage peuvent affecter la précision des deux outils. Par ailleurs, les cohortes de patients atteints de cancer utilisées dans l'étude proviennent principalement de centres situés dans des pays à revenu élevé, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats à d'autres maladies, à d'autres régions et à des groupes raciaux sous-représentés.