Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans une école française, blessant deux membres du personnel, et serait lié à un mouvement américain. Une photo trompeuse d'un suspect canadien a circulé en ligne.
Fusillade dans un collège d'Aubagne
Un garçon de 14 ans a ouvert le feu avec une carabine de chasse au collège Joseph Lakanal d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), le 12 octobre 2026, blessant le principal de l'établissement et un enseignant. L'élève a été placé en garde à vue, puis mis en détention provisoire le 14 octobre, à la suite des réquisitions du parquet national antiterroriste.Chefs d'accusation et liens présumés
Une enquête a été ouverte pour « tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ». L'adolescent est lié à la True Crime Community (TCC), un mouvement importé des États-Unis qui glorifie les tueries de masse.Désinformation sur les réseaux sociaux
Plusieurs internautes ont partagé l'image d'un jeune homme qu'ils identifient comme l'auteur de la fusillade, affirmant qu'il s'agit du « pauvre lycéen » qui a tiré sur un principal et un enseignant à Aubagne. Cette image a été diffusée sur X par un compte d'extrême droite et avait dépassé les 150 000 vues au 26 octobre.Fausse identification et propos racistes
Or, le jeune homme figurant sur la photo n'est pas blanc, ce qui a donné lieu à des allusions racistes. Un internaute écrit ainsi : « Maintenant on comprend pourquoi les juges ont demandé aux médias de ne pas diffuser [sa photo] ». Cette image ne montre pas l'adolescent impliqué dans la fusillade du collège d'Aubagne. Elle représente en réalité Muwaz Ullah, un homme de 21 ans condamné pour un meurtre commis le 18 janvier 2024 à la station Saint-Lambert, à Montréal, au Canada.Protection juridique des mineurs
L'article L513-4 du Code de la justice pénale des mineurs interdit la publication de tout texte ou de toute illustration concernant l'identité et la personnalité des mineurs ayant commis des infractions, qu'ils soient poursuivis ou condamnés. Le texte précise que les décisions rendues en audience publique à l'encontre du mineur peuvent être publiées, mais sans indiquer ses nom et prénom, ni même une initiale.Droit de la presse française et mineurs
L'article 39 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse interdit de diffuser des informations relatives à l'identité d'un mineur victime d'une infraction, d'un mineur en fuite, d'un mineur qui s'est donné la mort, ou d'un mineur abandonné par ses parents ou par les personnes qui en ont la garde.