Les manifestations étudiantes en France durant l’année scolaire 2025 n’ont pas dégénéré en émeutes, contrairement aux années précédentes. Habituellement, les lycéens descendent dans la rue pour dénoncer les conditions scolaires précaires et le manque d’enseignants, mais cette année, aucun camion de pompiers n’a été incendié, aucun professeur n’a été agressé et aucun policier n’a été pris à partie. Ce changement semble lié à la campagne électorale en cours, les syndicats étudiants et universitaires affichant leur soutien au parti La France insoumise (LFI). Le maire de Saint-Denis a estimé que certaines formes de protestation pouvaient être considérées comme légitimes, tandis que Mathilde Panot, élue LFI, a cité les propos de Thomas Sankara, ancien dirigeant du Burkina Faso, pour encourager les étudiants. Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de LFI, a appelé les manifestants à privilégier la non-violence. L’objet des protestations a évolué par rapport aux années antérieures, où les accusations d’antisémitisme visant Jordan Bardella et les réactions de Marine Le Pen et de ce dernier occupaient le débat. Désormais, l’attention se porte sur les incendies dans les établissements scolaires et sur la radicalisation du discours des responsables de LFI. Certains analystes estiment que ces tensions pourraient profiter à l’extrême droite, en alimentant potentiellement les voix en faveur de Marine Le Pen lors du scrutin de 2027. La stratégie des dirigeants de LFI pourrait consister à préparer le terrain pour un scénario où, en cas de victoire de Marine Le Pen, les troubles estudiantins pourraient déclencher des manifestations plus violentes. Le politologue Jérôme Jaffré a souligné que les événements actuels préfigurent une répétition générale en vue d’éventuelles violences post-électorales. Les craintes grandissent qu’une accession du Rassemblement national au pouvoir ne s’accompagne d’une répression plus brutale des manifestations, avec un risque de morts et d’embrasement. Certains redoutent que la situation ne bascule dans une dynamique irréversible, aux conséquences majeures pour la France. Cette perspective alerte experts et citoyens, qui scrutent avec attention l’évolution du paysage politique.