Le mardi 29 septembre, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, marquant un moment historique pour le Maroc. Elle devient en effet la première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays. El Mansouri, coordinatrice nationale du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), a précédemment exercé les fonctions de ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme ainsi que de maire de Marrakech. Le palais royal a annoncé que le monarque lui a confié la mission de former le nouveau gouvernement après la victoire de son parti aux élections législatives de la semaine dernière. Le PAM, parti de centre droit, a obtenu 97 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants, avec un taux de participation électorale le plus bas depuis près de vingt ans, à 38 %. N’ayant pas la majorité absolue, El Mansouri devra désormais négocier avec d’autres groupes politiques pour constituer une coalition gouvernementale pour les cinq prochaines années. Cependant, le roi conserve le dernier mot sur les décisions stratégiques. El Mansouri a qualifié cette nomination de « véritablement historique » et s’est dite fière des femmes marocaines. Elle a souligné son engagement à dialoguer avec tous les groupes politiques, y compris le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste, dans un Parlement fragmenté. Âgée de 50 ans, Fatima Ezzahra El Mansouri est issue d’une famille influente de Marrakech. Son père, Abderrahman El Mansouri, a été ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis. Elle est avocate spécialisée en droit foncier et immobilier, ayant étudié au Maroc, aux États-Unis et en France. Elle a rejoint le PAM en 2008 et a marqué l’histoire en devenant, à 33 ans, la première femme maire de Marrakech en 2009. Elle occupe ce poste pour un second mandat depuis 2021 et a également été ministre du Logement. Élue députée lors des dernières élections, elle sera remplacée par la deuxième personne sur sa liste, tout en continuant à exercer ses fonctions de maire jusqu’aux prochaines élections municipales de 2027. El Mansouri devra relever des défis majeurs, notamment la lutte contre le chômage des jeunes et la hausse du coût de la vie. Elle souhaite « redonner de l’espoir » à la jeunesse, une priorité dans un pays confronté à de profondes attentes économiques et sociales. Des événements récents, comme la crise migratoire à Ceuta ou les manifestations du mouvement GenZ 212 pour de meilleurs services publics, illustrent l’urgence de sa mission. En plus de ces enjeux nationaux, elle devra également gérer la co-organisation de la Coupe du monde 2030 et le plan d’autonomie pour le Sahara occidental. Son expérience dans la direction collégiale du PAM pourrait l’aider à trouver les compromis nécessaires pour bâtir une coalition gouvernementale stable.