Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, de nombreux internautes accusent la presse de diffuser délibérément de fausses informations auprès du public. L’une de ces allégations concerne la destruction de monuments religieux ukrainiens, que certains attribuent aux forces russes.
Le 21 septembre 2026, un utilisateur a publié un message sur X, critiquant les « médias traditionnels de désinformation » pour avoir suggéré, de manière erronée, que la Russie bombardait des églises ukrainiennes. Ses propos ont été repris presque mot pour mot quelques heures plus tard sur plusieurs comptes Facebook francophones. Le message incluait un extrait de mauvaise qualité de la chaîne d’information britannique Sky News, qui rapportait la mobilisation des civils après la destruction partielle de la cathédrale orthodoxe d’Odessa, en Ukraine, en juillet 2023.
Dans les images, une femme semble ramasser sans difficulté plusieurs gros blocs gris parmi les décombres. Cela a convaincu certains internautes que les médias avaient eu recours à des « acteurs de crise » — des personnes formées pour simuler des scènes de destruction dans des reportages — afin de donner l’illusion d’une attaque russe contre l’édifice religieux. Cependant, après une enquête plus approfondie, cette théorie de la mise en scène s’est effondrée.
Ce sujet avait déjà été examiné par France 24 et l’AFP à l’été 2023. L’émission originale de Sky News comportait un logo blanc « R » dans le coin supérieur gauche de l’écran lorsque les images de la cathédrale d’Odessa détruite étaient diffusées. Il s’agit du logo de Rudaw, un réseau médiatique basé au Kurdistan irakien. Leur reportage sur le bâtiment détruit est toujours disponible en ligne. Ces images, de meilleure qualité que celles partagées sur les réseaux sociaux, permettent de clarifier la séquence controversée.
À 1 minute 30 secondes dans l’émission de Rudaw, on peut voir l’extrait mis en avant par les internautes. Dans ces images, les blocs portés par la femme ressemblent davantage à du polystyrène ou de la mousse rigide — des matériaux légers souvent utilisés pour l’isolation des bâtiments — qu’à du béton. Une autre partie du reportage, à 2 minutes 25 secondes, montre la même femme ramassant des blocs similaires. Ces détails n’ont pas été mentionnés dans les publications sur les réseaux sociaux.
De nombreux médias ont documenté la destruction partielle de la cathédrale d’Odessa, à commencer par l’AFP, dont les photojournalistes ont capturé plusieurs images du bâtiment en ruines. Radio France, la BBC, Ouest France et l’UNESCO ont également couvert cet incident. Plus récemment, en juin 2026, la cathédrale de la Dormition à Kyiv a également été touchée par des frappes russes. Des images satellite de 2024, disponibles sur la plateforme de cartographie Esri, confirment la destruction partielle du bâtiment.
L’utilisateur à l’origine du message initial sur X affirme rejeter « l’idéologie woke » et évoque « le Covid comme une escroquerie ». Il produit régulièrement du contenu sur les « chemtrails », une théorie selon laquelle les traînées blanches laissées par les avions seraient des substances chimiques délibérément répandues pour nuire à la santé publique — une affirmation réfutée à maintes reprises par les preuves scientifiques. En propageant des accusations de scènes de guerre truquées, ces internautes utilisent un discours similaire à celui des partisans de la théorie du « Pallywood ». Ce terme, contraction de « Palestine » et « Hollywood », remet en cause l’authenticité des images de destruction dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. Ces allégations sont souvent rejetées par les ONG et les médias, mais elles ont été reprises par des groupes pro-russes pour nier le massacre de civils ukrainiens à Boutcha en 2022.
Des allégations de destruction simulée de la cathédrale ukrainienne réfutées par les preuves
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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