Selon des recommandations actualisées de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS) publiées en janvier 2024, une arthrose avancée de la hanche ne justifie pas toujours le recours à une prothèse. La décision d’opérer repose sur des critères comme l’intensité de la douleur quotidienne, la perte de mobilité et la réponse du patient aux traitements non chirurgicaux, et non uniquement sur l’aspect du cartilage visible à l’imagerie. L’arthrose de la hanche se caractérise par l’usure progressive du cartilage qui amortit l’articulation, permettant à la tête fémorale (la boule de l’articulation de la hanche) de se déplacer de manière anormale dans le cotyle du bassin. Cette dégradation peut aussi endommager l’os environnant, la membrane synoviale et les muscles, rendant la pathologie plus complexe qu’une simple usure mécanique. La douleur liée à l’arthrose de la hanche peut irradier vers l’aine, la cuisse, les fesses, voire le genou, ce qui nécessite une évaluation minutieuse pour identifier la source exacte de l’inconfort. Si les radiographies révèlent un rétrécissement de l’espace articulaire, ce signe n’est pas le seul critère d’évaluation. Les médecins prennent aussi en compte la mobilité du patient, la force musculaire et l’impact de la douleur sur ses activités quotidiennes. Aux stades précoces et modérés, des solutions non chirurgicales, comme l’adaptation de l’exercice physique, la kinésithérapie ou des activités à faible impact (vélo d’intérieur, exercices aquatiques), peuvent renforcer l’articulation et améliorer sa souplesse. La perte de poids, si nécessaire, réduit également la pression mécanique sur la hanche. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) aident à gérer les poussées douloureuses, bien qu’ils ne conviennent pas toujours pour un usage prolongé. Les infiltrations de corticoïdes peuvent apporter un soulagement temporaire, mais les directives de l’AAOS indiquent que les injections d’acide hyaluronique n’offrent pas de résultats significativement supérieurs à un placebo. Les patients doivent discuter avec leur spécialiste des avantages, de la durée et des risques de chaque traitement. Une prothèse totale de hanche est envisagée lorsque la douleur et la raideur perturbent gravement le quotidien, par exemple en empêchant de dormir, de s’habiller ou de se déplacer. Cependant, attendre que le patient soit épuisé n’est pas une recommandation médicale, et une seule poussée inflammatoire ne suffit pas à justifier l’opération. La décision d’intervenir dépend du diagnostic, de l’évolution des symptômes et des objectifs personnels du patient. Reporter l’intervention peut permettre une meilleure préparation, comme l’organisation de soins à domicile, la gestion de maladies chroniques comme le diabète ou l’arrêt du tabac. En revanche, poursuivre indéfiniment des traitements inefficaces ne protège pas l’articulation ni n’améliore la qualité de vie. Pour la majorité des patients opérés, la pose d’une prothèse réduit significativement la douleur et leur permet de retrouver des activités perdues. Toutefois, l’intervention comporte des risques : infection, caillots sanguins, luxation ou différence de longueur des jambes. La convalescence exige aussi une rééducation et des aménagements au domicile. Plus de 95 % des prothèses de hanche modernes restent fonctionnelles après dix ans.