L’exposition L’Étoffe de l’artiste, présentée au musée Bourdelle à Paris, explore comment le vêtement a façonné et reflété les identités des artistes entre la fin du XVIIIe siècle et le XXe siècle. Parmi les pièces exposées figurent la blouse bleue de Gustav Klimt et la veste de Rosa Bonheur, que la co-commissaire Lili Davenas décrit dans le catalogue comme « des vêtements récemment portés et imprégnés de sueur ». Ces pièces ne sont pas de simples reliques historiques : elles témoignent aussi de l’évolution du statut de l’artiste, révélant leurs identités personnelles et leurs expressions créatives.
Un tournant majeur dans cette transformation survient le 22 octobre 1798, lorsque la loi fiscale française reconnaît officiellement les peintres, les graveurs et les sculpteurs comme des « artistes », les distinguant des simples artisans et mettant en avant leur travail axé sur l’expression personnelle et l’héritage. Ce changement se manifeste dans la tenue des artistes, comme le bonnet d’atelier, devenu populaire au XIXe siècle. Inspiré par les autoportraits des grands maîtres tels que Raphaël, Léonard de Vinci et Rembrandt, ce bonnet symbolisait l’identité et le statut professionnel de l’artiste.
Les artistes masculins utilisaient souvent leurs vêtements pour afficher leur réussite et leur position sociale. Paul Delaroche, par exemple, portait un manteau doublé de fourrure pour refléter sa richesse. À l’inverse, les impressionnistes du XIXe siècle comme Claude Monet, Frédéric Bazille et Edgar Degas suivaient les tendances masculines de leur époque, privilégiant une « tenue respectable » qui correspondait à l’image du dandy moderne. Un exemple marquant est le portrait du jeune Auguste Renoir en veste noire, peint par Frédéric Bazille en 1867, qui incarne la « perfection de la toilette » célébrée par le poète Charles Baudelaire. Cette image contraste avec le stéréotype tenace de l’artiste bohème mal habillé.
Les artistes femmes, quant à elles, étaient souvent jugées sur leur apparence, comme en témoigne le dessin Quelques peintres femmes de Lucien Métivet, publié en 1902 dans la revue Femina, qui moquait certaines d’entre elles. Pourtant, certaines, comme Rosa Bonheur, rejetaient les codes vestimentaires féminins traditionnels au profit de vêtements pratiques, leur permettant de travailler avec aisance. Bonheur alla même jusqu’à obtenir un « permis de travestissement » pour porter des pantalons, et ajoutait des broderies à sa veste, un style qui rappelle la blouse bleue de Gustav Klimt, peut-être influencée par sa compagne, la couturière Emilie Flöge.
Le vêtement comme identité et expression dans l'exposition « Le Tissu de l'artiste » au musée Bourdelle
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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