La marche des fiertés annuelle à Paris, prévue le 3 octobre 2026, a relancé le débat sur la gestation pour autrui (GPA) en France, un sujet toujours controversé malgré les litiges juridiques en cours. L’Inter-LGBT, qui organise l’événement, milite pour la reconnaissance légale des enfants nés par GPA lorsque l’un au moins des parents est français, sans pour autant préconiser la légalisation totale de la pratique. Alexandre Schon, coprésident de l’association, a expliqué que l’objectif est de permettre aux familles ne pouvant avoir d’enfants en France de rentrer au pays sans se heurter à une insécurité juridique. En juillet 2026, la Cour de cassation française a statué que les décisions des tribunaux étrangers établissant la filiation d’enfants nés par GPA devaient être reconnues en France. Cette décision fait suite à une affaire impliquant un couple français résidant au Canada, où la GPA est légale, qui avait remporté un appel en juin 2024 mais avait fait face à un pourvoi en cassation de la part du parquet. La décision de la Cour permet la transcription des actes d’état civil étrangers pour le parent biologique, généralement celui ayant fourni le sperme, mais le second parent devra toujours adopter l’enfant. Le processus implique désormais de demander la reconnaissance judiciaire de l’acte de naissance étranger, suivie d’une décision de justice française, puis une demande auprès du service central d’état civil pour obtenir un acte de naissance français mentionnant les deux parents. Malgré cette clarification juridique, le processus reste complexe et long, avec des délais estimés entre un et dix-huit mois. Nicolas Faget, porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens, a critiqué l’absence de simplification des procédures, tandis que l’avocate Caroline Mécary a souligné que les juges doivent souvent trouver un équilibre délicat entre sécuriser la filiation de l’enfant et respecter l’interdiction de la GPA en France. Le président Emmanuel Macron s’est toujours opposé à la légalisation de la GPA, réaffirmant cette position en 2023 en rejetant les appels à des changements législatifs. Pourtant, le sujet resurgit dans le contexte de la prochaine élection présidentielle. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, potentiel candidat en 2027, a proposé d’organiser un débat et un vote au sein de son parti pour légaliser la GPA, insistant sur la nécessité de prendre en compte des considérations éthiques, notamment la rémunération des mères porteuses. Cette proposition a suscité des résistances, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ayant exprimé une opposition ferme, et un groupe de 15 personnalités, incluant des soutiens à Macron et des figures de gauche comme de droite, rejetant l’idée au motif qu’une forme éthique de GPA n’existerait pas. En réaction, plusieurs membres du Parti socialiste ont défendu une forme de GPA « désmarchandisée » et « régulée », où l’État jouerait un rôle central. Ils estiment que l’interdiction actuelle n’est qu’une façade, puisque ceux qui en ont les moyens peuvent toujours recourir à la GPA à l’étranger. Cependant, aucune figure de premier plan de la gauche, comme l’ancien président François Hollande ou les dirigeants actuels du Parti socialiste, n’a publiquement soutenu cette position. Les responsables politiques de différents bords ont adopté des positions variées. Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, avait exprimé en 2021 une position « paradoxale », s’opposant à la GPA tout en soutenant la reconnaissance des enfants nés à l’étranger. Marine Le Pen, du Rassemblement national, avait qualifié la GPA de « dérive mortifère » en 2022, bien que certains membres de son parti aient reconnu l’existence de débats internes sur le sujet. Reste à savoir dans quelle mesure la GPA deviendra un enjeu majeur de la campagne présidentielle de 2027, d’autant que les questions sociétales n’ont pas été déterminantes dans les élections précédentes.