Une étude alerte : reporter les objectifs de CO2 en Europe pourrait coûter 185 000 emplois d'ici 2035, les véhicules électriques ne compensant pas forcément les pertes.
Une étude met en lumière les risques pour l'emploi liés à l'assouplissement des règles sur les émissions
Une nouvelle étude de l'International Council on Clean Transportation (ICCT) avertit qu'un assouplissement des objectifs européens de réduction des émissions de CO2 pour les constructeurs automobiles pourrait entraîner la suppression de jusqu'à 185 000 emplois d'ici 2035. La Commission européenne envisage d'ajuster ces objectifs, sous la pression de certains acteurs du secteur automobile, afin de permettre la vente de davantage de véhicules à moteur thermique après 2035.Trois scénarios examinés pour l'impact sur l'emploi
L'étude, publiée le 27 octobre 2026, a analysé les effets de trois scénarios réglementaires sur l'emploi dans l'automobile en Europe. Les chercheurs ont constaté qu'un report de cinq ans des objectifs de réduction des émissions de CO2 pourrait réduire l'emploi dans les secteurs étudiés de 6 % d'ici 2035 par rapport à 2025. En revanche, le maintien des objectifs actuels pourrait entraîner une légère hausse de l'emploi, d'environ 2 %.Les véhicules électriques pourraient réduire les emplois traditionnels, mais en créer de nouveaux
L'étude souligne que les véhicules électriques nécessitent environ 30 % d'emplois en moins que les voitures traditionnelles, en raison de la conception plus simple des moteurs électriques. Elle suggère toutefois que les pertes d'emplois dans les secteurs traditionnels pourraient être compensées par la croissance de nouveaux domaines, comme la production de batteries, le recyclage et les infrastructures de recharge. Cet équilibre dépend du maintien de la fabrication des véhicules en Europe.Le maintien des règles actuelles pourrait stimuler l'emploi européen
Les chercheurs estiment que, si les règles actuelles sont maintenues, 68 % des voitures électriques et hybrides rechargeables vendues en Europe seraient fabriquées sur le continent d'ici 2035. Un report des objectifs ferait baisser ce chiffre à 56 %, ce qui accroîtrait la dépendance aux importations. L'étude indique que le maintien des règles actuelles, associé à un soutien à la production locale, pourrait entraîner une hausse de 10 % de l'emploi, soit 320 000 emplois supplémentaires d'ici 2035.Les gains d'emplois dépendent de la production locale de véhicules électriques
Ces conclusions rejoignent les estimations de l'ONG Transport & Environment, selon laquelle accélérer la transition vers des flottes d'entreprise électriques pourrait créer jusqu'à 344 000 emplois d'ici 2030. Toutefois, ces bénéfices dépendent de la production de véhicules électriques et de batteries en Europe, faute de quoi les gains économiques pourraient profiter aux constructeurs étrangers.Certains pays sont davantage exposés au ralentissement de l'électrification
La France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne figurent parmi les pays les plus exposés à des pertes d'emplois si la transition vers les véhicules électriques ralentit. L'étude met en garde : ses projections ne prennent pas en compte des facteurs comme l'automatisation, les mutations numériques ou les évolutions de l'économie mondiale. Elle souligne également que protéger les emplois actuels ne garantit pas les opportunités d'emploi futures.