L’amiante, un matériau autrefois largement utilisé dans le bâtiment, reste un grave danger pour la santé dans de nombreux édifices anciens en France. Malgré son interdiction en 1997, on le retrouve encore dans les toitures, les plafonds et l’isolation des habitations et autres constructions. En raison du coût élevé de son élimination conforme, certains habitants ont recours à l’enfouissement de l’amiante dans leurs jardins, prenant ainsi des risques tant pour l’environnement que pour leur santé. Face à cette situation, Lorient Agglomération, une collectivité territoriale de Bretagne, a mis en place un service gratuit pour aider les résidents à se débarrasser de leurs déchets d’amiante en toute sécurité. Lancé début septembre, ce dispositif suscite déjà un vif intérêt, avec des demandes déposées quotidiennement par les habitants. L’amiante était autrefois apprécié pour sa durabilité, son faible coût et sa résistance au feu, ce qui en a fait un matériau de construction très répandu à partir du milieu du XXe siècle. Cependant, en 1977, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l’a classé comme cancérogène avéré pour l’homme. L’inhalation de ses fibres microscopiques peut provoquer de graves maladies pulmonaires, dont des cancers. Malgré son interdiction, l’amiante reste présent en France, et nombreux sont ceux qui ignorent comment le manipuler en toute sécurité. Les chantiers de démolition et de rénovation aggravent aussi le problème, car les matériaux contenant de l’amiante sont souvent perturbés lors des travaux. Dans le Morbihan, où se situe Lorient Agglomération, les habitants ne disposaient jusqu’ici d’aucune solution gratuite pour se débarrasser de l’amiante. Ils devaient faire appel à des entreprises privées comme Les Recycleurs Bretons, qui facturaient ce service. Cela a conduit à la poursuite des dépôts illégaux d’amiante dans les déchetteries, une pratique risquée pour les travailleurs, le public et l’environnement. Pour y remédier, la collectivité a instauré un service permettant aux particuliers de déposer jusqu’à 250 kg d’amiante par an, sous réserve de respecter certaines conditions. Les résidents doivent notamment remplir des formulaires et fournir des photos des déchets à éliminer pour obtenir une autorisation. Cette initiative suscite déjà un engouement marqué, avec entre 15 et 20 demandes reçues chaque jour depuis son lancement. Le budget de 100 000 euros alloué pour la première année pourrait être dépassé en raison de la forte demande. Erika du Prémorvan, une responsable locale, met en garde contre la présence fréquente d’amiante enfoui dans les champs, notamment dans les zones rurales où d’anciennes structures agricoles ont pu être laissées à l’abandon. Les risques sanitaires à long terme de l’amiante sont considérables : le Haut Conseil de la santé publique estime qu’il pourrait causer jusqu’à 100 000 décès en France d’ici à 2050. Ce nouveau service constitue une étape cruciale pour relever ce défi de santé publique.