Plus de 80 % des marchandises mondiales transitent par voie maritime, et le détroit d’Ormuz n’est pas le seul passage critique dont la fermeture pourrait gravement perturber le commerce mondial. Plusieurs autres détroits et canaux étroits jouent un rôle essentiel dans le transport des biens et de l’énergie, et leur éventuelle fermeture représente des risques majeurs pour l’économie globale. Le canal de Suez, une voie d’eau de 193 kilomètres de long et 300 mètres de large, figure parmi les routes maritimes les plus importantes au monde. Construit au XIXe siècle par Ferdinand de Lesseps, il est contrôlé par l’Égypte et occupe une place centrale dans les tensions géopolitiques du Moyen-Orient. Le canal a été fermé pendant huit ans après la guerre des Six Jours de 1967 et a connu une baisse du trafic en 2023 en raison d’attaques menées par les rebelles houthis au Yémen, liés au conflit à Gaza. Le détroit de Bab El-Mandeb, situé à l’extrémité sud de la mer Rouge, constitue un autre passage crucial. À son point le plus étroit, il ne fait que 26 kilomètres de large et assure le transit de 13 % du trafic maritime mondial, dont 75 % des exportations européennes. Un détour par le cap de Bonne-Espérance ajouterait 6 500 kilomètres au trajet. En 2023, les rebelles houthis ont de nouveau perturbé la circulation, et en septembre 2026, ils ont pris le contrôle d’une île dans le détroit, resserrant encore leur emprise. Le canal de Panama, une voie de 80 kilomètres, transporte 3 % du commerce maritime mondial, mais assure 40 % du trafic de conteneurs américains. En 2024, l’ancien président américain Donald Trump a menacé de reprendre le contrôle du canal, invoquant des inquiétudes quant à l’influence chinoise. En février 2026, le Panama a annulé les concessions portuaires détenues par le groupe hongkongais CK Hutchison, reflétant les tensions persistantes. Parallèlement, le détroit de Gibraltar, seule liaison maritime directe entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, voit passer en moyenne 100 000 navires commerciaux chaque année. Ce passage de 14 kilomètres de large est également une route majeure pour l’immigration illégale, comme l’a illustré la crise de Ceuta en juillet 2026, lorsque 80 000 migrants ont quitté le Maroc pour rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta. Le détroit de Taïwan, long de 358 kilomètres et séparant la Chine continentale de Taïwan, assure le transit d’un cinquième du commerce maritime mondial. La Chine considère Taïwan comme une province séparatiste et conteste la libre circulation dans le détroit. Une fermeture aurait des conséquences catastrophiques pour Taïwan, qui dépend fortement des importations pour son énergie et ses matières premières. Le détroit de Malacca, dont le point le plus étroit ne fait que 2,7 kilomètres, est un autre goulot d’étranglement critique. Ce passage de 930 kilomètres voit transiter un quart des marchandises transportées par voie maritime et constitue une route clé pour les hydrocarbures à destination de la Chine et du Japon. En avril 2026, l’Indonésie a menacé d’instaurer un péage pour les navires traversant le détroit, avant de retirer sa proposition en raison de l’opposition internationale.