La République du Congo réforme le contrôle des produits forestiers avec une nouvelle agence visant à renforcer la légalité et la transformation locale du bois.
Contribution du secteur forestier au PIB
Le secteur forestier de la République du Congo, principalement axé sur le bois d’œuvre, représente 5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Toutefois, les activités informelles et les difficultés de suivi des flux commerciaux rendent difficile le suivi des produits et la collecte efficace des recettes publiques.Nouvelle agence de contrôle des produits forestiers
Le 14 octobre, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres un projet de loi portant création de l’Agence de contrôle des produits forestiers à l’exportation et à l’importation (ACPFEI). Ce nouvel organisme public vise à remplacer le Service de contrôle des produits forestiers à l’exportation (SCPFE), qui gérait auparavant les exportations de produits forestiers.Les raisons de la réforme
Les autorités ont invoqué, pour justifier la réforme, les limites du système actuel, l’évolution de la réglementation forestière et la nécessité de mieux intégrer les normes de légalité et de durabilité dans le commerce du bois. Le rapport du Conseil des ministres relève les faiblesses du SCPFE et la nécessité d’une réforme liée au nouveau Code forestier.Exportations de grumes malgré l’interdiction
Malgré une interdiction officielle des exportations de grumes depuis 2023, la poursuite de ces exportations demeure préoccupante. La réforme vise à promouvoir la transformation locale du bois, créer des emplois et retenir davantage de valeur économique à l’intérieur du pays.Plainte contre l’interdiction d’exporter des grumes
Le 30 septembre 2026, le Centre d’actions pour le développement (CAD) a déposé une plainte auprès de la Haute Autorité de lutte contre la corruption (HALC) au sujet des difficultés de mise en œuvre de l’interdiction d’exporter des grumes. L’ONG affirme que le contournement de cette interdiction prive l’État de recettes et limite la création d’emplois dans le secteur de la transformation du bois.Ampleur des exportations de grumes
Les données du Conseil congolais des transporteurs indiquent qu’en 2025, le pays a exporté 764 411,87 mètres cubes de bois, dont 58,31 %, soit près de 446 000 mètres cubes, sous forme de grumes. Cela souligne la nécessité d’améliorer le contrôle des flux commerciaux et de promouvoir la transformation locale.Retards dans la mise en œuvre d’un accord de partenariat
La réforme intervient alors que la mise en œuvre de l’Accord de partenariat volontaire (APV-FLEGT) entre le Congo et l’Union européenne accuse du retard. Les parties prenantes à cet accord ont appelé à des réformes plus rapides, notamment l’adoption des textes d’application du Code forestier et un financement durable pour un système informatisé de vérification de la légalité.Objectif de l’accord de partenariat
Signé en 2010 et en vigueur depuis 2013, l’APV-FLEGT vise à réduire l’exploitation forestière illégale et à améliorer la gouvernance forestière. Il comprend des mécanismes destinés à garantir que les produits forestiers respectent les lois nationales, et sa mise en œuvre constitue un enjeu majeur pour la future ACPFEI.Les défis de la nouvelle agence
Il reste incertain que l’ACPFEI dispose des ressources humaines, techniques et financières nécessaires pour renforcer les contrôles, améliorer la traçabilité et garantir le respect de l’interdiction d’exporter des grumes.