Les petites entreprises françaises font face à la hausse des coûts et à la défiance politique : 90 % doutent des politiques de Macron, et la confiance en leur avenir est au plus bas historique.
Une enquête met en lumière les difficultés des TPE
Une enquête réalisée par l'IFOP pour Fiducial auprès de 1 006 dirigeants de petites entreprises en France révèle que les très petites entreprises, ou TPE, comptant de 0 à 19 salariés, font face à des défis importants. Le Baromètre TPE Fiducial, qui fait partie de la 85e vague du Baromètre de conjoncture TPE Fiducial (troisième trimestre 2026), montre que 84 % des chefs d'entreprise citent la hausse des prix comme un obstacle majeur à leur croissance, tandis que 82 % considèrent le coût de l'énergie comme un poids important.Méfiance envers les mesures gouvernementales
L'enquête révèle également que 90 % des dirigeants de TPE ne font pas confiance aux mesures et aux actions menées par le président Emmanuel Macron et son gouvernement. Cette méfiance s'inscrit dans un sentiment plus large : 80 % des dirigeants citent les démarches administratives, les cotisations sociales et la fiscalité comme des obstacles, et 80 % expriment leur inquiétude face à l'incertitude de la situation politique et économique nationale.Recul des tendances à l'emploi
En matière d'emploi, seuls 11 % des dirigeants de TPE indiquent avoir recruté ou prévoir de recruter d'ici la fin septembre 2026, un taux inférieur à celui des années précédentes. Par ailleurs, 10 % des dirigeants ont supprimé des postes ou doivent en supprimer, soit le niveau le plus élevé enregistré par le baromètre depuis le troisième trimestre 2024.Désengagement et lassitude politiques
À l'approche de l'élection présidentielle, le fossé entre la politique nationale et les réalités quotidiennes des petites entreprises se creuse. Une nette majorité des dirigeants de TPE, soit 84 %, se disent las de l'actualité politique et économique, tandis que 70 % estiment que le nombre croissant de candidats et la concurrence partisane entravent la résolution des grands enjeux.Priorités des dirigeants de TPE
Interrogés sur leurs priorités, les dirigeants de TPE se concentrent sur le pouvoir d'achat et les salaires, 52 % d'entre eux citant ces sujets en priorité. La fiscalité, la croissance économique, l'emploi et la lutte contre le chômage sont également mentionnés par 51 % des personnes interrogées. Parmi les autres priorités figurent la sécurité et la justice, l'éducation et la recherche, la pérennité du modèle social et des retraites, ainsi que la réduction de la dette publique.Soutien aux politiques budgétaires et sociales
Les chefs d'entreprise affichent un fort soutien à la rigueur budgétaire et à un soutien ciblé au secteur productif. Ainsi, 87 % sont favorables à une règle d'or budgétaire, et 87 % soutiennent un retour à un système de retraites fondé sur la pénibilité du travail. En outre, 83 % réclament un vaste plan d'aide pour les petites et moyennes structures, tandis que 78 % approuvent une hausse générale des salaires.Perte de confiance et tensions financières
L'accumulation des incertitudes a entraîné une forte dégradation de la santé financière des TPE et du moral de leurs dirigeants. Le Baromètre Fiducial fait état d'une chute marquée des indicateurs de confiance, personnelle comme générale, l'optimisme quant au climat des affaires atteignant un niveau historiquement bas de 10 %, en baisse de 16 points en un seul trimestre.Confiance envers les élus locaux
Malgré le pessimisme général, une seule catégorie d'acteurs publics conserve la confiance des entrepreneurs : les élus locaux, que 63 % estiment capables de défendre leurs intérêts et de répondre à leurs besoins. À l'inverse, la crédibilité des parlementaires et des partis politiques est fortement entamée, avec seulement 22 % et 15 % de confiance, respectivement.