Un sondage publié mardi par le Syndicat des indépendants (SDI), une organisation française représentant les petits entrepreneurs, révèle que 96 % des très petites entreprises en France sont pessimistes quant à l’avenir économique du pays, un niveau jamais enregistré jusqu’ici. L’enquête trimestrielle met en lumière une dégradation des conditions d’activité : 61 % des répondants déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires au troisième trimestre, 71 % constatent un recul de leur bénéfice net et 66 % font état d’une trésorerie en baisse. Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, souligne que les défis économiques persistants, notamment la crise énergétique, la baisse de la consommation des ménages et l’incertitude politique, ont fortement érodé la confiance des entrepreneurs. Le sondage parle d’une « crise de confiance massive », 98 % des personnes interrogées estimant que la France traverse une crise économique et 93 % pensant qu’elle va perdurer. L’enquête révèle également que 67 % des dirigeants d’entreprise privilégient la réduction des coûts salariaux, mais le budget 2027, présenté jeudi, est jugé largement incompatible avec les besoins des petites structures. Selon le SDI, les baisses de cotisations patronales prévues dans ce budget s’élèvent à 6,6 milliards d’euros. Sanchez fait remarquer que 51 % des entrepreneurs interrogés gagnent moins que le salaire minimum, ce qui suscite une vive frustration. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, il s’inquiète du manque de propositions concrètes de certains candidats en faveur des petites entreprises. Les dirigeants d’entreprise ont une opinion partagée sur les récentes réformes administratives. Si 81 % ont déjà mis en place la facturation électronique, rendue obligatoire en septembre 2024, 66 % y voient une charge administrative supplémentaire et 58 % estiment qu’elle alourdit leurs coûts. Seuls 5 % la considèrent comme une simplification, et 9 % pensent qu’elle leur fait gagner du temps. Parmi ceux qui ne l’ont pas encore adoptée, 44 % s’y opposent farouchement et refusent de s’y conformer, au risque d’écoper d’amendes de la part des services fiscaux à partir de début 2027. Une période de tolérance pour les entreprises non conformes prendra fin avant cette date, ce qui va augmenter la pression sur les petites structures pour qu’elles s’adaptent.