Un cinéaste et écrivain a exprimé ses inquiétudes face à la montée des menaces contre la liberté d’expression en France et dans le monde, ainsi qu’au conflit en cours en Palestine. Il a proposé Marwan Barghouti, homme politique palestinien emprisonné et torturé par Israël depuis 22 ans, comme figure potentielle pour la couverture du Inrocks, un magazine culturel français. Le conférencier a décrit avoir été témoin d’un événement historique majeur : la répression du peuple palestinien par l’État israélien. Il s’est dit frustré par l’absence de réactions et de sanctions internationales, soulignant que seuls quelques pays, comme l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, ont adopté des positions claires. Israël a été accusé de violations du droit international, de massacres et d’affamer une population déjà affaiblie par des décennies de violence, d’oppression et de spoliation des terres. En France, des manifestations sous le slogan « Pour une paix juste et durable au Proche-Orient » ont été interdites en raison de craintes de troubles à l’ordre public. Guillaume Meurice, journaliste à France Inter, a été licencié pour une seule remarque critiquant le Premier ministre israélien Netanyahu. Des enseignants, des étudiants et des collégiens ont été visés par des enquêtes pour des actes tels que le port d’un maillot de l’équipe de football palestinienne ou des protestations contre le conflit. Des militants, des juges et des experts ont subi des pressions, des sanctions et des condamnations pour avoir dénoncé la situation en Palestine. Le conférencier a également évoqué une proposition de loi à l’Assemblée nationale qui aurait assimilé la critique d’Israël à de l’antisémitisme, avant d’être retirée sous la pression publique. La crainte persiste quant à un éventuel retour de ce texte. Des inquiétudes ont été soulevées concernant l’émergence d’un fascisme « démocratique » dans les sociétés occidentales, Israël et les États-Unis étant perçus comme faisant partie d’un projet commun de domination. En France, le gouvernement est dirigé par des partis politiques représentant une infime partie de la population, avec une petite élite gouvernant dans l’intérêt des plus riches et des milieux financiers. Le conférencier a pointé du doigt la logique du capitalisme, destructrice pour autrui, s’interrogeant sur la pertinence de l’accumulation de richesses si ce n’est pour dominer ses voisins. Au-delà des populations humaines, il a noté que les espèces animales, y compris les humains, pourraient bientôt disparaître, exprimant le sentiment que cette fin pourrait être observée de son vivant. Il a déclaré que « L’avenir n’est jamais arrivé aussi vite. » Sur le plan culturel, il a exprimé des doutes quant à la capacité de l’art seul à sauver l’humanité ou la planète, plaçant davantage sa confiance dans les mouvements politiques, les syndicats et le journalisme progressiste. Cependant, il a reconnu que les artistes peuvent être des militants et prendre position. Il a insisté sur l’importance de la diffusion culturelle et de l’accès à l’art, rappelant que la bataille culturelle a toujours existé et que les politiques culturelles uniques de la France sont le fruit de luttes passées. Cette bataille s’intensifie, les classes dominantes transformant la culture en marchandise. Les réductions budgétaires et la mainmise des grandes entreprises sur les lieux culturels et les circuits de distribution réduisent les espaces de créativité et d’originalité. Les conservateurs réduisent la culture populaire à un simple divertissement. Le conférencier s’inquiète pour l’avenir de la diversité culturelle et de l’épanouissement des imaginaires, alors que l’intelligence artificielle s’immisce rapidement dans la vie quotidienne, certains l’utilisant même pour voter ou séduire. Il juge nécessaire de réaffirmer l’individualité et l’unicité culturelle. Une édition spéciale pour les 40 ans du Inrockuptibles, magazine français de musique et de culture, rassemble les témoignages de plus de 250 artistes et personnalités culturelles partageant leurs souvenirs.