Depuis septembre 2025, VINCI Autoroutes teste un minibus autonome sur l’autoroute A10, un axe majeur en France, marquant la première expérimentation mondiale de ce type sur une autoroute. Ce projet, soutenu par l’initiative France 2030 via le programme Investissements d’Avenir, réunit VINCI Autoroutes, la start-up Milla, l’opérateur SAVAC et l’Université Gustave Eiffel. L’objectif est de démontrer la rentabilité du minibus d’ici 2028, avec l’ambition de l’intégrer au pass Navigo, titre de transport régional. Un défi majeur consiste à se passer d’un conducteur de sécurité et à convaincre Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports en Île-de-France, de la viabilité économique du modèle.
Le service de minibus autonome relie les communes de Longvilliers et Massy-Palaiseau et bénéficie d’un financement public important. Le programme Investissements d’Avenir injecte plusieurs millions d’euros dans ce projet, considéré comme une première mondiale en matière de transport collectif autonome sur autoroute. Le gouvernement français mise sur ces innovations pour encourager l’usage des transports en commun et réduire la dépendance à la voiture individuelle en Île-de-France.
VINCI Autoroutes joue un rôle central dans le projet, en tant que gestionnaire d’infrastructures, mais aussi en tant que financeur et fournisseur de données de trafic en temps réel. Moroine Laoufi, directeur du projet, explique que faire circuler un minibus sur une autoroute empruntée par 80 000 véhicules par jour est complexe. Le minibus, qui roule à 90 km/h, vise à s’intégrer au trafic comme un camion. Ce partenariat public-privé ambitionne de transformer l’autoroute en un terrain d’expérimentation pour des solutions de mobilité innovantes.
À l’heure actuelle, chaque minibus embarque un opérateur à bord (un conducteur de sécurité) et est surveillé à distance depuis le centre de Chevreuse, ce qui alourdit les coûts d’exploitation. Pour atteindre la rentabilité, le consortium doit supprimer le recours à un conducteur de sécurité d’ici 2028. Moroine Laoufi reconnaît la difficulté, soulignant que le développement d’un système d’intelligence artificielle capable de gérer les incidents à bord est indispensable. Sans automatisation complète, le modèle économique aura du mal à rivaliser avec les bus express traditionnels en raison du coût élevé des conducteurs de sécurité.
La rentabilité du projet repose sur l’intégration du service au pass Navigo à partir de 2027-2028, avec une rémunération de l’opérateur basée sur un modèle de délégation de service public. Le consortium espère attirer suffisamment d’usagers pour justifier l’investissement public. Chaque minibus peut transporter 12 passagers et effectue environ deux allers-retours par heure. Toutefois, cela ne représente qu’une infime partie des 80 000 véhicules qui circulent quotidiennement sur l’A10. Le plan prévoit d’augmenter le nombre de minibus à 5 ou 10 d’ici 2028, portant la capacité horaire à 120-240 places. La rentabilité dépendra du taux d’occupation et de la fréquence des trajets.
Depuis mars 2026, 150 personnes ont testé le service, mais celui-ci n’a pas encore généré de revenus commerciaux. Pour passer à l’échelle commerciale, il faudra investir des dizaines de millions d’euros supplémentaires pour acquérir de nouveaux minibus, former le personnel et adapter les infrastructures. La rentabilité dépendra de la capacité à réduire le coût par passager par rapport aux bus express traditionnels.
Île-de-France Mobilités prévoit de lancer des appels d’offres pour des lignes de transport autonome à partir de 2028. Le consortium VINCI-Milla-SAVAC, pionnier en la matière, devra faire face à la concurrence d’entreprises européennes et asiatiques. Les critères de sélection incluront le coût par kilomètre, la fiabilité technique et la conformité réglementaire. L’expérimentation actuelle sur l’A10 servira de preuve de la faisabilité opérationnelle du minibus.
L’autoroute A10 voit passer 80 000 véhicules par jour, principalement pour des trajets domicile-travail. Si 1 % des conducteurs optent pour le minibus autonome, cela réduirait le trafic de 800 véhicules quotidiens, économisant environ 200 000 tonnes de CO₂ par an. Au-delà des bénéfices environnementaux, ce report pourrait atténuer les embouteillages, améliorer la productivité et diminuer les coûts d’entretien des routes ainsi que le nombre d’accidents. Ces effets positifs sont estimés à plusieurs centaines de millions d’euros. Cependant, transformer ces avantages en un modèle rentable pour l’opérateur privé reste un défi. Sans subventions pérennes ou tarification spécifique, le minibus autonome risque de rester une démonstration technologique plutôt qu’un changement significatif de la mobilité en Île-de-France.
Un minibus autonome testé sur une autoroute française dans le cadre d’un projet d’innovation
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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