À partir du 1er janvier 2027, une modification de la politique fiscale française concernant les véhicules micro-hybrides entraînera la suppression d’une réduction fiscale de 100 kg dans le calcul de la taxe basée sur le poids. Cette mesure, intégrée au projet de loi de finances 2025, s’inscrit dans une volonté plus large d’ajuster la fiscalité automobile en France. Ce changement alourdira significativement la charge fiscale pour de nombreux automobilistes, en particulier ceux qui utilisent des micro-hybrides – des véhicules équipés d’un petit moteur électrique assistant le moteur thermique. Le nouveau seuil pour la taxe basée sur le poids sera fixé à 1 500 kg en 2027, contre 1 600 kg actuellement et 1 800 kg en 2022. Seuls les micro-hybrides dont le moteur électrique développe moins de 30 kW, soit environ 40 chevaux, perdront cet avantage fiscal. Les hybrides non rechargeables équipés d’un moteur électrique d’au moins 30 kW continueront de bénéficier de la réduction de 100 kg. Les hybrides rechargeables capables de parcourir plus de 50 kilomètres en mode 100 % électrique bénéficieront d’une réduction plus importante de 200 kg, mais cette exonération sera limitée à 15 % du poids total du véhicule. Les véhicules électriques, inclus dans le système de taxe basée sur le poids depuis juillet 2026, continueront de profiter d’une réduction de 600 kg jusqu’en 2028. Ces distinctions reflètent la volonté du gouvernement de favoriser l’électrification totale, en phase avec les objectifs européens visant à éliminer les nouveaux véhicules essence et diesel d’ici 2035. La taxe basée sur le poids n’est qu’un des éléments de la pression financière croissante exercée sur les véhicules thermiques traditionnels. À partir de 2027, le seuil déclencheur de la taxe CO2 sera abaissé de 108 g/km à 103 g/km, tandis que le montant maximal de la taxe passera de 80 000 à 90 000 euros. Ces changements exerceront une pression accrue sur les véhicules de grande taille, comme les SUV et les berlines. Sébastien Bonnet, responsable territorial de l’Association nationale pour la formation automobile, a souligné que les taxes supplémentaires et la suppression de certaines aides à la conversion ont creusé l’écart de coût entre les véhicules thermiques et électriques. En prenant en compte l’ensemble des facteurs, les véhicules électriques sont généralement au moins deux fois plus chers que leurs équivalents thermiques. Pour les consommateurs envisageant l’achat d’un véhicule neuf, ces changements imposent une réflexion plus approfondie. La puissance exacte du moteur électrique devient déterminante, car un véhicule étiqueté « micro-hybride » par le constructeur peut relever soit de la catégorie taxée, soit de la catégorie exonérée, selon qu’il développe 28 kW ou 32 kW. Cette différence technique peut représenter plusieurs centaines d’euros de taxe supplémentaire à l’achat. Les modèles les plus touchés sont généralement les entrées et milieux de gamme des grands constructeurs, qui utilisent la micro-hybridation légère comme solution économique pour respecter les normes d’émissions. L’impact financier exact de ces changements fiscaux dépendra des montants définitifs de la taxe, qui n’ont pas encore été officiellement annoncés. Cependant, le mécanisme est clair : chaque kilogramme dépassant le seuil de 1 500 kg sera taxé de manière progressive. Par exemple, un véhicule micro-hybride pesant 1 650 kg, qui bénéficiait auparavant d’un poids fiscal réduit à 1 550 kg, sera désormais taxé sur son poids réel de 1 650 kg – soit 150 kg au-dessus du nouveau seuil. Au-delà des objectifs environnementaux, cette réforme répond également à des impératifs budgétaires. Les recettes issues des taxes automobiles constituent une source majeure de financement pour l’État. En durcissant les critères d’exonération fiscale, le gouvernement cherche à élargir l’assiette taxable, compensant partiellement la baisse des recettes liée à la transition vers les véhicules électriques. Par ailleurs, l’exécutif prévoit de réformer le Compte personnel de formation (CPF), avec l’introduction de pénalités pouvant aller jusqu’à 350 euros pour certains salariés à partir de 2027, dans le but de limiter les fraudes ou les formations inutiles. La suppression de l’avantage fiscal pour les micro-hybrides pourrait entraîner leur déclin au profit soit des moteurs thermiques traditionnels, moins coûteux à produire, soit des hybrides rechargeables, mieux positionnés fiscalement. Certains analystes anticipent une scission du marché entre les véhicules thermiques d’entrée de gamme et les hybrides rechargeables ou électriques haut de gamme, laissant les options intermédiaires en difficulté. La suppression prévue de la réduction fiscale pour les véhicules électriques en 2028 marquera un nouveau tournant, indiquant que même les véhicules à zéro émission seront progressivement soumis à l’intégralité de la fiscalité automobile. Ce revirement soulève des questions d’équité sociale, les véhicules électriques restant significativement plus chers à l’achat que leurs équivalents thermiques. L’accumulation des taxes pourrait rendre les voitures familiales de taille moyenne inaccessibles pour de nombreux ménages, les poussant potentiellement vers le marché de l’occasion ou des modèles plus petits, qui ne répondraient pas nécessairement à leurs besoins.