Étudiants et manifestants jugent les consultations citoyennes de Macron vides de sens, rappelant les échecs passés à donner suite aux avis du public.
Des manifestants remettent en question les consultations citoyennes de Macron
Des étudiants et d'autres manifestants ont critiqué les consultations citoyennes lancées par le président Emmanuel Macron, qu'ils qualifient de « grosse blague » et dont ils doutent de l'impact. Cette initiative, destinée à recueillir des avis sur les politiques éducatives, a été lancée en réponse à de vastes mouvements de protestation étudiants, mais elle essuie des critiques en raison des engagements non tenus par les gouvernements précédents.Les initiatives passées ont laissé les citoyens désabusés
Le scepticisme à l'égard de la nouvelle consultation découle d'efforts gouvernementaux antérieurs, comme les cahiers de doléances des Gilets jaunes et la Convention citoyenne pour le climat. Ces initiatives ont conduit de nombreux participants à se demander si leur contribution avait réellement pesé ou débouché sur un changement concret.L'expérience de Martine avec les consultations passées
En 2018, Martine, une retraitée de 71 ans ayant travaillé dans la fonction publique, a déposé ses doléances à l'Élysée dans le cadre du « grand débat national ». Elle a ensuite récupéré son texte auprès du maire de Brétigny-sur-Orge, qui affirmait l'avoir lui-même remis à Emmanuel Macron. Martine s'est dite frustrée, affirmant qu'en huit ans, rien n'avait changé et que la situation s'était dégradée.Un faible suivi des contributions citoyennes
L'initiative « maires ouverts », en 2018, a recueilli environ 225 000 contributions dans des cahiers de doléances, dans près de 17 000 communes. Le « grand débat national » a ensuite reçu près de deux millions de contributions en ligne, que Macron s'était engagé à examiner. Pourtant, selon des élus locaux, bon nombre de ces contributions sont restées inaccessibles et sans réponse.Une documentariste dénonce les promesses non tenues
Hélène Desplanques, une réalisatrice qui a documenté la démarche des doléances dans un film de 2014 intitulé Doléances, s'est dite frustrée par le manque de suites données aux contributions citoyennes. Elle estime que le non-respect répété des engagements nuit à la démocratie, car les citoyens croient d'abord au processus, avant d'être désabusés.Les critiques dénoncent une « grosse blague »
Marie Pochon, élue écologiste dans la Drôme, a critiqué la nouvelle consultation étudiante en la qualifiant de « grosse blague », soulignant que, contrairement aux initiatives précédentes, aucune promesse explicite n'a été faite de prendre en compte les contributions. Elle affirme que les avis citoyens « prennent la poussière » et que les pouvoirs publics ne reconnaissent plus les canaux légitimes d'expression.Les participants à la Convention citoyenne pour le climat se sentent ignorés
Guy, un retraité de 67 ans qui a participé à la Convention citoyenne pour le climat en 2019, s'est dit déçu, affirmant que les propositions du groupe avaient largement été ignorées. Il a cité l'absence d'action sur des dossiers comme les pesticides et les engrais chimiques, ainsi que le démantèlement continu des lois environnementales, malgré les pétitions publiques.La consultation étudiante reçoit 100 000 contributions
La plateforme de consultation étudiante, intitulée « Étudiants, vous avez la parole », a reçu près de 100 000 contributions avant sa clôture, le 23 octobre. Le gouvernement a annoncé une « synthèse nationale » d'ici la fin du mois. Nour, une lycéenne de 16 ans, a soumis sa contribution, réaffirmant ses revendications en faveur de meilleures conditions dans les classes, de davantage d'enseignants et d'une plus grande équité dans le financement des établissements scolaires. Malgré sa participation, elle craint que son avis « finisse dans les archives », comme les efforts précédents.