L'âge moyen de l'héritage en hausse en France

En France, l'âge moyen auquel les personnes héritent de leurs parents a fortement augmenté au fil des décennies. Dans les années 1950 et 1960, l'héritage intervenait souvent vers 40 ans, lié à de grands moments de la vie comme l'achat d'un logement ou la création d'une entreprise. Aujourd'hui, l'âge moyen est proche de 60 ans, et il devrait atteindre 62 ans entre 2035 et 2040, selon une étude de l'OFCE.

Modifications fiscales proposées pour les donations familiales

Le gouvernement français, dirigé par le ministre Sébastien Lecornu, envisage des réformes fiscales pour s'adapter à l'évolution du paysage successoral. L'article 4 du projet de loi de finances, déposé le 1er octobre, propose une période de six mois, de janvier à juin 2027, pendant laquelle le seuil d'exonération fiscale pour les donations familiales passerait de 31 865 à 50 000 euros. Les dons au-delà de ce montant seraient imposés à 6 %, dans la limite de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire.

Répartition des richesses et incitations ciblées

Selon la Banque de France, les retraités détiennent plus de 37 % du patrimoine des ménages en France, mais ce patrimoine est essentiellement placé en assurance-vie, en comptes d'épargne et en immobilier. Le gouvernement vise à réorienter jusqu'à 30 milliards d'euros vers les jeunes adultes, généralement âgés de 25 à 40 ans, qui sont plus susceptibles d'emprunter, de s'installer ou de créer une entreprise. Les modifications fiscales proposées sont plus ciblées qu'une annonce faite en septembre, le taux de 6 % ne s'appliquant qu'aux bénéficiaires de moins de 50 ans.

Impact potentiel sur les familles et les transmissions de patrimoine

Pour certaines familles, les changements proposés pourraient réduire sensiblement la charge fiscale liée à l'héritage. Par exemple, un oncle sans descendants pourrait donner de l'argent à son neveu au taux de 6 % au lieu du taux actuel de 55 %. Les familles aisées pourraient transmettre des sommes plus importantes à un taux réduit, en évitant un barème qui peut atteindre 45 % au moment du décès. Les professionnels de la gestion de patrimoine s'attendent à une hausse de ces opérations au début de l'année 2027, à l'image d'une mesure de 2004 qui a ensuite été prolongée puis rendue permanente.

Tensions entre retraités et État

Les changements proposés créent un paradoxe, car le même budget exige environ 5,5 milliards d'euros d'économies auprès des retraités, notamment par le biais de revalorisations de pensions réduites. Si le gouvernement cherche à encourager la circulation du patrimoine plutôt que son accumulation, la mesure profite surtout aux familles disposant de biens à transmettre. Une partie de l'argent donné en 2027 échappera par la suite aux droits de succession, ce qui signifie que l'État sacrifie des recettes futures au profit d'une activité économique immédiate. La mesure n'est pas encore définitive, et le Parlement pourrait la modifier ou la supprimer. En attendant, la question pour les générations plus âgées n'est plus de savoir quand elles hériteront, mais quand elles décideront de transmettre leur patrimoine.