Acheter un logement avec des fonds propres permet de se dispenser des mensualités de crédit, des assurances et des autres frais bancaires. Toutefois, cette stratégie n’est pas toujours la plus avantageuse financièrement. En payant comptant, l’acheteur évite les coûts liés à un emprunt immobilier, comme les intérêts, les frais de dossier, les frais de garantie et l’assurance emprunteur. Par exemple, un prêt de 200 000 euros sur 20 ans peut représenter un coût total d’environ 84 100 euros, dont 72 700 euros d’intérêts, 8 000 euros d’assurance de prêt, 2 400 euros de frais de garantie et 1 000 euros de frais de dossier. Ces chiffres s’appuient sur un taux d’intérêt moyen de 3,27 %, tel qu’observé par l’Observatoire Crédit Logement/CSA en août 2026, avec une assurance emprunteur à 0,20 % du capital initial et des frais de garantie représentant 1,2 % du capital emprunté. Un achat au comptant peut aussi servir d’argument de négociation, car il supprime la condition suspensive de financement dans le compromis de vente. Cela peut accélérer la transaction et augmenter les chances de finaliser la vente, notamment dans des marchés très concurrentiels comme celui de Paris. Cependant, cette option convient davantage aux seniors ou aux personnes disposant d’une épargne de précaution importante. En effet, immobiliser l’intégralité de son capital dans un bien immobilier – un actif peu liquide – peut rendre sa revente difficile en cas d’urgence. Souscrire un crédit immobilier permet d’investir une partie seulement de ses fonds propres et de bénéficier des capitaux de la banque pour acquérir un bien plus onéreux. Cette approche peut être intéressante si le rendement des autres placements dépasse le coût du prêt. Pour les investisseurs locatifs, le recours au crédit peut aussi offrir des avantages fiscaux. Dans le cadre du régime réel, les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus fonciers imposables, ce qui peut réduire l’impôt global. Un achat au comptant peut être privilégié par les personnes acquérant leur résidence principale, à condition de conserver une épargne suffisante après l’achat, ou par celles qui souhaitent éviter les risques de difficultés de remboursement et les contraintes des mensualités. À l’inverse, un crédit immobilier peut être plus adapté aux investisseurs disposant d’autres opportunités de placement ou aux investisseurs locatifs cherchant à profiter de l’effet de levier du crédit.