La société publique Poste Italiane a annoncé une offre publique d'acquisition (OPA) sur TIM S.p.A, anciennement Telecom Italia. Ce mouvement pourrait inspirer des actions similaires en France, où La Poste et Orange, anciennement France Télécom, pourraient envisager une fusion. Cette tendance reflète un intérêt croissant pour le rôle stratégique de l'État et un possible changement des règles européennes concernant la concentration du marché. En mars 2026, Poste Italiane a lancé une offre publique d'acquisition (OPA) sur TIM S.p.A, évaluant la société de télécommunications à environ 10,8 milliards d'euros. L'objectif est de créer un groupe intégré intervenant dans les services postaux, les services financiers, les télécommunications et les services numériques. Cette initiative vise à créer une plateforme de services plus complète, combinant la distribution, les méthodes de paiement, l'assurance, l'énergie et les offres numériques. En France, une fusion similaire entre La Poste et Orange pourrait redynamiser le modèle des Postes Télégraphes et Téléphones (PTT) nationalisés, qui existaient avant 1991. Cette entité a été scindée en La Poste et France Télécom dans les années 1990. Alors que France Télécom a été privatisée et est devenue plus tard Orange, l'État français détient une participation totale dans La Poste et une participation significative dans Orange. Les deux entreprises desservent des millions de clients à travers le pays, avec des marques nationales et des réseaux étendus. L'idée de créer un géant des communications en France remet en question les politiques de privatisation longtemps en vigueur pour les monopoles publics. En Italie, Poste Italiane a construit progressivement sa participation dans TIM par des acquisitions, visant à créer une plateforme unifiée. L'entreprise a déjà intégré certains de ses services, tels que l'énergie et l'assurance, au réseau de TIM. Cette intégration est prévue pour générer des bénéfices financiers importants. Cependant, la faisabilité financière d'une telle fusion en France est incertaine. Bien que La Poste et Orange aient des revenus comparables, Orange est évaluée à environ 44 milliards d'euros, soit une valeur nettement plus élevée. L'acquisition d'une participation majoritaire nécessiterait un investissement important, que La Poste pourrait ne pas pouvoir affronter avec sa situation financière actuelle. Le gouvernement français devrait envisager des stratégies alternatives, telles que la restructuration des actifs publics, pour atteindre un résultat similaire. En Italie, l'État détient une majorité dans Poste Italiane, lui permettant de financer l'acquisition par un mélange de liquidités et d'actions. En revanche, l'État français ne détient qu'une participation minoritaire dans Orange, limitant ainsi sa capacité à financer une acquisition par émission d'actions. En outre, des contraintes juridiques et réglementaires en France devraient être prises en compte avant toute restructuration majeure. L'acquisition de TIM par Poste Italiane met en évidence le retour d'un État stratégique gérant des services essentiels. Bien que la possibilité que La Poste acquière Orange demeure incertaine, la question plus large est de savoir si l'État est prêt à prendre les risques financiers et réglementaires pour assurer un contrôle national sur les infrastructures critiques.