Au deuxième trimestre 2026, moins de nouveaux logements et entreprises pourraient être raccordés à l’internet haut débit en fibre optique qu’à aucun autre moment depuis 2014. Selon l’association Avicca, qui représente les fournisseurs d’accès à internet, certains habitants des grandes villes pourraient devoir attendre au moins quatre ans pour accéder à la fibre, tandis que ceux des zones moins densément peuplées ne pourraient en bénéficier qu’à partir du printemps 2028. En juin, Avicca avait déjà alerté sur un net recul des nouveaux raccordements en fibre, avec seulement 273 000 locaux ajoutés entre avril et juin, contre 521 000 sur la même période un an plus tôt. Au 30 juin, 43,1 millions de logements et entreprises étaient éligibles, soit 95,3 % du total, mais 2,1 millions restaient encore non raccordés, selon un rapport de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), publié le 10 septembre. Dans les zones rurales, les collectivités locales sont principalement chargées des nouveaux raccordements, tandis que les entreprises privées ont réduit leurs efforts dans les grandes villes et autres régions sous leur responsabilité.
Dans les zones densément peuplées, où l’Arcep a regroupé les principales métropoles et leurs communes les plus peuplées, chaque opérateur est autorisé à déployer ses propres lignes de fibre jusqu’à la base des immeubles. Au deuxième trimestre, seulement 48 000 nouveaux locaux ont été raccordés, un chiffre identique à celui de l’année précédente. Cependant, Free, l’un des principaux opérateurs, avait déjà réalisé la moitié de ces raccordements bien à l’avance. Ses points de mutualisation – où plusieurs opérateurs se connectent à un réseau partagé – étaient dans un tel état de dégradation que les autres entreprises ne pouvaient plus les utiliser. Fin 2025, l’Arcep avait ordonné à la filiale de Free, Réseau Optique de France, de réparer ces équipements et avait gelé 81 000 raccordements, soit plus d’un quart du total de Free. Depuis, l’opérateur a rétabli ces raccordements, qui ont été réintroduits sur le marché cette année. Sans eux, seulement 25 000 nouveaux locaux auraient été raccordés au deuxième trimestre – 23 000 par Orange et 2 000 par SFR. À ce rythme d’environ 8 000 locaux par mois, Avicca estime qu’il faudra au moins quatre ans pour couvrir entièrement les grandes villes. Aucun nouveau territoire communal n’a été entièrement raccordé à la fibre au deuxième trimestre.
Orange prévoit de fermer son réseau cuivre, qui assure l’accès à l’internet haut débit traditionnel, d’ici 2030 et mettra fin à son service à Ajaccio, ville de 76 000 habitants, d’ici fin janvier. Ajaccio sera la première grande ville à basculer entièrement vers la fibre. Laure de La Raudière, présidente de l’Arcep, a indiqué qu’aucune plainte n’avait été signalée auprès du régulateur ou des opérateurs. Orange devra également prévenir ses clients et maintenir le service ADSL – l’internet haut débit traditionnel – pendant douze mois après l’arrêt de sa commercialisation. Dans les grandes villes, plusieurs communes et métropoles devraient demander au gouvernement de reporter la fermeture du réseau cuivre jusqu’à ce que tous leurs locaux soient raccordés à la fibre, selon Avicca.
En dehors des grandes métropoles, les collectivités locales devancent les opérateurs privés dans le déploiement de la fibre. Dans les communes de taille moyenne, Orange et SFR se sont engagés auprès du gouvernement à déployer la fibre à leurs frais dans le cadre du plan d’expression des intentions d’investissement (AMII). Cependant, au 30 juin, les deux opérateurs n’avaient pas encore commencé les travaux sur 28 % des adresses concernées. Avicca souligne qu’il n’est désormais plus possible de contraindre Orange à respecter ses engagements, puisque le gouvernement a renégocié ses promesses, et l’association regrette le silence des autorités sur ce sujet.
Dans d’autres zones, les départements ont confié le déploiement de la fibre à des opérateurs privés en échange de délais précis, via le plan d’expression des engagements locaux (AMEL). Ces opérateurs doivent encore raccorder quelque 73 000 locaux, mais n’en ont ajouté en moyenne que 10 000 par trimestre au cours des trois derniers. Avicca escomptait une finalisation des travaux pour l’été 2026, mais estime désormais qu’ils ne le seront qu’au printemps 2028. L’association déplore également l’absence de sanctions de la part de l’Arcep, alors que ces engagements sont juridiquement contraignants.
Dans les zones rurales, où les opérateurs privés ont refusé d’investir, les départements et régions ont lancé des réseaux d’initiative publique (RIP) pour offrir un accès à la fibre. Sur les 273 000 locaux raccordés au deuxième trimestre, 153 000 l’ont été sur ces réseaux publics, soit près des deux tiers de l’ensemble des nouveaux raccordements une fois ceux de Free rétablis. Les régions de la Vendée et des Pyrénées-Atlantiques ont mené à bien leurs réseaux avec une telle efficacité que 30 projets RIP sont désormais raccordés à plus de 99 %, tandis que l’Orne et la Vienne ont rejoint 67 projets RIP avec plus de 95 % de couverture. La Bretagne a maintenu un rythme soutenu, avec 4 % de locaux supplémentaires raccordés dans les Côtes-d’Armor et l’Ille-et-Vilaine, et 3,5 % dans le Finistère et le Morbihan. Moins d’un million de locaux restent à raccorder sur ces réseaux publics, et à ce rythme, Avicca ne s’attend pas à ce que les projets soient achevés avant fin 2027. Malgré cela, l’association conclut que les collectivités locales garantiront, à terme, une couverture complète, y compris dans les zones les plus rurales.
Le déploiement de la fibre en France ralentit, retardant l'accès universel
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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