Une élève de 17 ans en France a perdu la vue d'un œil après avoir été touchée par une grenade lacrymogène tirée par la police lors d'une manifestation à Mulhouse.
Une adolescente blessée par une grenade lacrymogène
Maïssa, 17 ans, étudiante de première année en langues étrangères appliquées, a été touchée à l'œil gauche par un projectile tiré par les forces de l'ordre lors d'une manifestation à Mulhouse, le 17 octobre. Malgré une intervention chirurgicale d'urgence, elle a perdu définitivement la vue de cet œil.Une plainte déposée contre les autorités
L'avocat de Maïssa, Pierre Brunisso, a déposé plainte contre X auprès du procureur de la République de Mulhouse, le 28 octobre, au nom de la mère de Maïssa, la jeune fille étant mineure. La plainte invoque des « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, commises par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions et avec usage d'une arme ».Le témoignage d'un témoin direct
Selon la plainte, Maïssa et ses amis se trouvaient dans une « zone parfaitement calme » lorsqu'ils ont été pris dans un mouvement de foule, alors que des grenades lacrymogènes étaient tirées à hauteur d'épaule par les forces de l'ordre. Un témoin direct cité dans la plainte affirme que les agents se trouvaient à 50 ou 80 mètres et tiraient à hauteur d'épaule, et non selon une trajectoire courbe.Un projectile identifié et ses conséquences
Le projectile qui a atteint le visage de Maïssa a été décrit comme une grenade lacrymogène. Selon la plainte, un témoin direct a vu la balle grise toucher l'œil de la jeune fille et a noté que du gaz lacrymogène s'en est échappé au moment de son contact avec le sol. L'avocat a souligné que le projectile avait été tiré comme un « tir ajusté », une pratique interdite.Le contexte de l'incident
La plainte précise également que Maïssa ne participait pas à la manifestation. Elle tentait simplement de récupérer son vélo après avoir dîné avec ses amis dans un restaurant du centre-ville. L'ambiance est décrite comme festive, semblable à celle d'un festival de musique, avec des personnes « heureuses » et qui « ne faisaient rien de mal ».Autres démarches juridiques
Outre le dépôt de plainte auprès du procureur, l'avocat a également saisi le Défenseur des droits afin de veiller à ce qu'aucun élément ne soit omis dans l'enquête. Nicolas Heitz, procureur de Mulhouse, a confirmé que le tribunal a bien reçu la plainte, qui sera versée au dossier instruit en flagrance par l'IGPN de Metz.