La France fait face à une hausse des violences contre les femmes et les enfants, ce qui motive une grève féministe les 25 et 28 novembre 2026 pour exiger des changements juridiques et systémiques.
Dates de grève annoncées
Un communiqué signé par la LDH (Ligue des droits de l'Homme) et de nombreuses autres organisations appelle à une grève féministe le mercredi 25 novembre et le samedi 28 novembre 2026, en réaction aux violences persistantes contre les femmes et les enfants en France.Contexte historique
Le texte rappelle la mobilisation de longue date des organisations contre les violences sexistes et sexuelles et évoque la loi-cadre espagnole de 2004, destinée à éradiquer ces violences. Il souligne que, depuis plusieurs mois, des collectifs mènent à travers le pays de vastes mobilisations pour réclamer une loi globale et les financements adéquats.Un drame cité
Le meurtre de la jeune Lyhanna a une nouvelle fois mis en lumière des violences systémiques et les défaillances de la société face à ces enjeux.Statistiques sur les violences faites aux enfants
Selon le communiqué, 160 000 enfants en France sont victimes chaque année d'inceste et de violences sexuelles, et 3 % des auteurs sont condamnés, soit 1 % dans les cas d'inceste. La plupart de ces faits se produisent au sein des familles et sont commis par des hommes.Exploitation et traite
Au moins 20 000 enfants sont victimes de prostitution et d'exploitation sexuelle, et 80 % d'entre eux vivent dans des foyers bénéficiant d'une aide sociale, qui manquent souvent de moyens et de personnel suffisants.Données sur les viols et le harcèlement
Environ 230 000 femmes et jeunes filles sont victimes de viol ou de tentative de viol, et près de la moitié étaient mineures au moment des faits. Les violences surviennent dans des lieux variés : familles, cercles sociaux, espaces publics, transports, établissements scolaires et sportifs, structures de santé, espaces militants et lieux de travail.Travail et santé
Sur le lieu de travail, plus de 8 000 viols ou tentatives de viol ont lieu chaque année, et un tiers des femmes subissent du harcèlement sexuel. Dans le domaine de la santé, 45,1 % des patientes déclarent avoir subi des violences obstétricales ou gynécologiques.Groupes particulièrement vulnérables
Les femmes en situation de handicap sont particulièrement exposées : une sur cinq a subi un viol. Cinquante pour cent des lesbiennes et 75 % des femmes bisexuelles ont été confrontées à des violences dans l'espace public, et 85 % des personnes transgenres ont subi de la transphobie.Facteurs sociaux et économiques
Les mères célibataires qui élèvent seules leurs enfants sont davantage exposées aux violences institutionnelles, économiques et domestiques. Les femmes migrantes en situation précaire ont 75 % de risques d'avoir subi des violences au cours de leur parcours ou sur le territoire français, et nombre d'entre elles sont victimes de réseaux de traite des êtres humains. Toutes les femmes sans domicile ont subi un viol.Chiffres des féminicides
En France, plus d'un féminicide survient tous les trois jours, le plus souvent commis par un partenaire ou un ancien partenaire. Vingt et un pour cent de ces victimes avaient plus de 70 ans et n'étaient pas comprises dans les enquêtes sur les violences conjugales. Près de 50 % des victimes de féminicide avaient déjà signalé des violences.Suicides et violences psychologiques
Par ailleurs, plus de 900 femmes sont poussées chaque année au suicide par des violences psychologiques ou du harcèlement de la part de leur conjoint ou de leur ex-conjoint.Perspective mondiale
À l'échelle mondiale, le communiqué affirme que les violences contre les femmes et les enfants résultent des systèmes patriarcaux, de la culture du viol et de la négation de la parole des femmes et des enfants. Il appelle à une solidarité internationale le 25 novembre, journée marquée par la multiplication des guerres et des conflits armés.Zones de conflit
Dans les zones de conflit, les femmes et les enfants subissent viols de guerre, violences sexuelles, mariages forcés, traite des êtres humains, torture, mutilations, excision, infibulation, famine, déplacements forcés et réduction au silence. Leurs droits fondamentaux sont bafoués.Critique des politiques d'extrême droite
Le communiqué dénonce les gouvernements d'extrême droite, qu'il présente comme une menace majeure pour les droits des femmes, des enfants et des personnes LGBTQIA+, ainsi que pour les associations féministes et de défense de l'enfance et pour les défenseurs des droits humains. Il affirme que ces régimes réduisent au silence les militantes féministes et LGBTQI, cherchent à imposer de force la détransition des personnes trans, et emprisonnent les femmes ayant avorté ou aidé d'autres femmes à le faire.Mobilisation sociale et répression
Le communiqué met en avant le contexte actuel de forte mobilisation sociale et de violences policières, notamment face aux manifestations étudiantes. La réponse répressive du gouvernement atteint, selon lui, un niveau de violence destiné à faire taire et à intimider celles et ceux qui dénoncent les violences institutionnelles.Mesures répressives contre les étudiants
Des mesures répressives visant les étudiants existaient avant les mobilisations actuelles. Le communiqué dénonce la répression brutale du mouvement étudiant ainsi que les violences sexuelles et sexistes subies par des adolescentes et des femmes de la part des forces de l'ordre lors de ces manifestations.Avancées et obstacles juridiques
Les organisations féministes et syndicales engagées dans la grève réclament une loi globale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, assortie des financements nécessaires à sa mise en œuvre. Ce texte, qui comporte des avancées importantes en matière de prévention des violences et d'accompagnement des victimes, a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2026.Opposition politique
Toutefois, le communiqué met en garde contre des reculs importants imputables au Rassemblement national et à Ensemble pour la République, qui limiteraient la capacité des femmes sans papiers victimes de violences à porter plainte sans risquer une OQTF (obligation de quitter le territoire français), et empêcheraient les demandeuses d'asile ayant déposé plainte de travailler.Autres revendications
Le communiqué exige également la fin des mutilations génitales pratiquées sur les enfants intersexes, encore autorisées en France, une hausse des financements pour les associations féministes, en particulier celles qui accompagnent les victimes et promeuvent l'égalité, ainsi que le recrutement de davantage d'agents publics dans la santé, la justice, la protection, l'action sociale, l'éducation et l'inspection du travail.Libertés d'expression et expulsions
Il réclame la protection des libertés associatives, de plus en plus menacées dans leur liberté d'expression, ainsi que l'arrêt immédiat des expulsions de femmes afghanes par le gouvernement français. Il invoque l'arrêt « Femmes afghanes » de la Cour de justice de l'Union européenne du 4 octobre 2024, qui accorde systématiquement le statut de réfugié à ces femmes dans l'ensemble des pays de l'UE.Appel à l'action
Le communiqué appelle à manifester les 25 et 28 novembre 2026 pour exprimer sa solidarité et réclamer le changement.