L’industrie de l’emballage en France multiplie les initiatives pour dialoguer avec les élus, à travers des événements et des rencontres visant à peser sur les décisions politiques en matière de gestion des déchets et de réglementation environnementale. Ces interactions prennent la forme de petits-déjeuners près de l’Assemblée nationale, de déjeuners au Sénat ou encore de cocktails au stade Roland-Garros, des lieux choisis avec soin pour faciliter les échanges avec les décideurs clés. Le cabinet Aromates a organisé un petit-déjeuner le 8 juillet, réunissant plus de 200 décideurs, dont des élus locaux, à la Maison de la chimie à Paris. Cet événement a été soutenu par des acteurs majeurs de la gestion des déchets, comme Veolia, Suez et Paprec. Son coût, estimé à 74 000 euros, a été financé à parts égales par des fonds publics et par l’industrie du déchet. Aromates n’a pas précisé la répartition exacte des contributions entre les entreprises. Jacques Fernique, ancien sénateur écologiste, a accepté de présider la conférence prévue pour 2026, bien qu’il ait déposé un amendement pour augmenter la taxe sur le plastique en 2025. Marine Bonavita, responsable plaidoyer de Zero Waste France, souligne que le recours à des parlementaires défenseurs de l’environnement sert de caution au lobby de l’emballage, renforçant son influence. Fernique, lui, assure ne pas se sentir instrumentalisé, affirmant avoir défendu des principes clés comme celui du pollueur-payeur. Veolia reconnaît l’importance d’un dialogue permanent avec les élus locaux pour partager son expertise technique, même si certains y voient un avantage plus marqué pour les intérêts privés que pour l’intérêt général. Selon Zero Waste France, le budget de lobbying de l’industrie de l’emballage pour 2025 est estimé à 2,5 millions d’euros, un chiffre qui pourrait être sous-évalué en raison de l’utilisation d’intermédiaires. La Maison des eaux minérales naturelles, qui représente des producteurs d’eau en bouteille comme Evian et Volvic, organise aussi des rencontres avec les parlementaires, comme un déjeuner de travail au Sénat le 25 septembre 2025. Plusieurs sénateurs, dont Hervé Gillé et Antoinette Guhl, ont justifié cette réunion par l’échange d’informations. Laurent Burgoa, sénateur du Gard, a initié ce déjeuner, précisant que chaque participant paierait sa place pour éviter tout conflit d’intérêts. L’association des producteurs de plastique, Polyvia, a organisé une table ronde sur le recyclage au stade Roland-Garros le 27 août 2025, avec un budget de lobbying de 545 000 euros pour l’année. Anne-Cécile Violland, députée de Haute-Savoie, a participé à cette table ronde et salué le livre blanc de l’association sur le plastique. En revanche, Bérenger Cernon, député d’Essonne, a critiqué ces efforts, y voyant une menace classique pour l’emploi, estimant que la réduction des déchets pourrait entraîner des pertes d’emplois dans le secteur. Sandrine Le Feur, députée Ensemble pour la République (EPR), relève que les collectivités locales ont massivement investi dans des usines de recyclage des déchets, ce qui les incite à en tirer profit plutôt qu’à réduire la production d’emballages jetables. Jean-François Husson, sénateur Les Républicains, a déposé un amendement contre la taxe sur le plastique en 2025, invoquant les conséquences financières d’une baisse des volumes de déchets sur les installations de traitement existantes. La méthodologie de Zero Waste France repose sur l’analyse des budgets déclarés par 34 acteurs, en appliquant le pourcentage d’activités liées à l’emballage. Pour les entreprises dont les chiffres précis n’étaient pas disponibles, des estimations ont été réalisées en fonction de la part de leurs activités dédiées à l’emballage. Selon les calculs de l’ONG, l’industrie de l’emballage a dépensé environ 2,5 millions d’euros en actions de lobbying en 2025.