L'Assemblée nationale française a adopté un amendement plafonnant à 850 euros par an les avantages fiscaux accordés aux journalistes et aux créateurs, malgré l'opposition du gouvernement.
Un amendement limite l'avantage fiscal des journalistes
L'Assemblée nationale a adopté le 15 octobre un amendement visant à plafonner à 850 euros par an l'avantage fiscal dont bénéficient les journalistes, les auteurs et autres professionnels des médias. Présenté par le député Aurélien Le Coq, l'amendement a été adopté par 73 voix pour, 49 contre et trois abstentions, malgré l'opposition du gouvernement et du rapporteur du budget.L'avantage fiscal actuel pèse sur les finances publiques
Selon les règles en vigueur, les professionnels éligibles bénéficient d'un abattement forfaitaire de 7 650 euros sur leur revenu imposable. Dispositif dont le coût est estimé à 50 millions d'euros par an. Les partisans de l'amendement soutiennent que cet avantage profite de manière disproportionnée aux revenus les plus élevés, en raison du caractère progressif de l'impôt sur le revenu.Les économies d'impôt varient selon le niveau de revenu
L'exposé des motifs de l'amendement souligne qu'un journaliste aux revenus modestes économiserait moins de 841,50 euros, tandis qu'un journaliste gagnant 91 500 euros par an économiserait 3 136,50 euros. Les députés de La France insoumise (LFI) estiment que le plafond de revenus actuel, fixé à 93 510 euros, ne permet pas de corriger suffisamment ces écarts.Un amendement qui cherche un équilibre entre équité et soutien
L'amendement vise à limiter les économies d'impôt à 850 euros, sans supprimer totalement l'abattement. Cette distinction vise à soutenir les journalistes les plus précaires, comme ceux sous contrat à durée déterminée ou rémunérés à l'article, tout en corrigeant des inégalités jugées réelles dans le système actuel.Un amendement qui s'inscrit dans des préoccupations plus larges sur les médias
Les députés LFI ont relié la question fiscale aux difficultés économiques auxquelles sont confrontés les journalistes, notamment la concentration des médias et les mauvaises conditions de travail. Ils estiment que l'État ne devrait pas compenser les bas salaires par des exonérations fiscales, et insistent sur la nécessité de mieux rémunérer les journalistes et de garantir une presse indépendante.D'autres amendements rejetés
Deux autres amendements proposant la suppression pure et simple de l'avantage fiscal ont été rejetés. Ils avaient été déposés par des députés du Rassemblement national (RN). Le plafonnement à 850 euros peut toutefois encore évoluer, alors que l'Assemblée nationale poursuit l'examen du projet de loi de finances pour 2027.