Baisse de l'avantage fiscal pour les journalistes

Les journalistes en France peuvent actuellement déduire jusqu'à 7 650 euros de leur revenu imposable lorsqu'ils gagnent moins de 93 510 euros par an, grâce à une exonération fiscale prévue à l'article 81 du Code général des impôts. Cette disposition s'applique aux journalistes, écrivains, photographes, rédacteurs en chef de journaux, ainsi qu'aux critiques dramatiques et musicaux.

Un amendement limite la déduction

Jeudi 15 octobre, lors de la première lecture à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté un amendement visant à plafonner cet avantage fiscal, en le ramenant à 850 euros. Les députés de La France insoumise, auteurs du texte, ont souligné que ce mécanisme d'exonération coûte 50 millions d'euros par an au Trésor public et profite principalement aux revenus les plus élevés de la profession.

Des effets jugés inégaux par les critiques

Ils ont donné l'exemple d'un journaliste aux revenus modestes, qui n'économise pas « même 11 % de 7 650 euros, soit 841,5 euros, grâce à cette exonération ». À l'inverse, un journaliste gagnant 91 500 euros par an, « soit plus de 7 500 euros par mois », soumis à un taux marginal d'imposition de 41 %, bénéficie « d'une réduction de 3 136,5 euros de son impôt sur le revenu, alors que ses revenus très confortables lui permettent de contribuer pleinement au financement des services publics ! »

Le seuil de plafonnement remis en question

Le plafonnement à 93 510 euros pour bénéficier de cet avantage, un montant « presque indécent », ne change rien à ce constat, estiment-ils. Le Rassemblement national, comme il le fait depuis plusieurs années, a proposé de supprimer totalement cette exonération fiscale. Deux amendements allant dans ce sens ont été rejetés.

Incertitude sur le budget final

Reste à savoir si cette mesure sera conservée dans le budget définitivement adopté. Rien n'est certain : l'amendement a été adopté contre l'avis du gouvernement, qui pourrait choisir de ne pas le retenir s'il décidait de faire adopter le texte par la procédure du 49.3.