L'électrification des flottes professionnelles accuse un retard dû à des besoins complexes en infrastructures, mais des solutions innovantes comme EVIAS visent à intégrer la recharge aux opérations sans accroc.
Les VE particuliers prennent de l'élan
L'électrification des véhicules des particuliers progresse rapidement, tandis que celle des flottes professionnelles avance plus lentement en raison de la complexité économique et logistique de la recharge. Le Salon mondial de l'automobile de Paris a mis en lumière la vague électrique des véhicules électriques privés, avec près de 25 marques chinoises présentant une offre électrique de plus en plus large et accessible.La simplicité pour les particuliers
Pour un particulier, la recharge est simple : on branche à domicile, la nuit, sur un réseau existant. Pour une entreprise qui électrifie une partie limitée de sa flotte, le principe reste similaire. Quelques bornes de recharge, un peu d'organisation, et les imperfections restent gérables : un câble oublié, une borne défectueuse, une file d'attente temporaire.Les défis de la montée en échelle
En revanche, lorsqu'il s'agit de passer à une plus grande échelle, les défis deviennent plus complexes. Un site comptant 50 camions ne correspond pas à 50 fois un véhicule particulier. La puissance à raccorder se mesure en mégawatts, le raccordement au réseau exige des délais et des investissements importants, et les pics de consommation pèsent autant sur la facture que sur le réseau.Les implications financières
Les conséquences se lisent directement dans les comptes. Côté investissements, la trajectoire n'est plus linéaire : au-delà d'un certain seuil, il faut renforcer le raccordement, adapter le site, ajouter des équipements de gestion de la puissance, parfois des batteries tampons. Chaque seuil franchi déclenche un nouveau niveau de dépenses, et ce sont les derniers véhicules électrifiés qui sont les plus coûteux à équiper.Les limites de l'infrastructure
Lors de la plupart des révolutions industrielles, la production de masse fait baisser les coûts. Les batteries en sont un bon exemple : leur prix a fortement diminué avec les volumes. Mais cette courbe d'apprentissage concerne le produit, et non l'infrastructure qui l'entoure. Or, l'infrastructure de recharge ne bénéficie pas des mêmes effets. Chaque véhicule supplémentaire requiert de la puissance, de l'espace, de la maintenance et du temps d'exploitation, dans des proportions qui peuvent croître plus vite que la flotte.Des solutions innovantes
Les solutions existantes apportent de réels progrès : la recharge nocturne au dépôt, la recharge ultra-rapide, l'échange de batteries, l'hydrogène. Mais chacune reste dans la logique héritée du thermique, où l'on s'arrête, on fait le plein et on repart. La recharge nocturne exige des dépôts très bien équipés. L'échange de batteries impose des standards et une logistique lourde. L'hydrogène nécessite de bâtir une chaîne d'approvisionnement entière.EVIAS repense la recharge
Et si l'on arrêtait l'exploitation du véhicule pour le recharger ? C'est l'idée à l'origine d'EVIAS : recharger pendant que le véhicule est en service, là où il roule, stationne ou travaille. La solution repose sur une recharge par le sol, par conduction. Un bras robotisé se déploie automatiquement et trouve seul l'emplacement du rail dans la chaussée : le conducteur n'a aucun geste à faire.Repenser le modèle
L'électrification des flottes professionnelles ne consiste donc pas simplement à multiplier les bornes de recharge. Elle exige de repenser la manière dont la recharge s'intègre aux opérations et à leur modèle économique. Les véhicules arrivent, le Salon de l'automobile en est la preuve. Il reste à repenser ce qui les alimente.