Rupture du barrage de Malpasset en 1959

Le 2 décembre 1959, le barrage-voûte de Malpasset s'est rompu lors de sa première mise en eau, libérant 50 millions de mètres cubes d'eau dans la vallée du Reyran. La catastrophe a fait 423 morts et disparus, et environ 7 000 personnes ont été touchées.

Cause de la rupture

Le barrage n'a pas cédé à cause d'une faiblesse de sa structure en béton. C'est une faille géologique cachée sous la rive gauche qui est à l'origine de la rupture. Un bloc de gneiss, soulevé par la pression de l'eau dans des fractures, a glissé et miné les fondations du barrage.

Conception et construction du barrage de Malpasset

Conçu par l'ingénieur André Coyne, le barrage mesurait 66 mètres de haut et 222 mètres de long. Sa construction a coûté 588,45 millions de francs. Il devait assurer l'irrigation et l'approvisionnement en eau de la région du Var, en s'appuyant sur la roche environnante pour soutenir sa structure.

Les facteurs géologiques de la catastrophe

La rive gauche du barrage reposait sur du gneiss, une roche métamorphique présentant des fractures naturelles. Ces fractures ont formé un bloc en forme de coin qui a glissé sous la pression de l'eau infiltrée, un phénomène que les ingénieurs appellent sous-pression. C'était un piège géologique que la mécanique des roches de l'époque n'a pas su détecter.

Une voûte en béton injustement accusée

Pendant des années, la rupture du barrage a été attribuée à un défaut de structure du béton. Pourtant, les analyses d'experts ont montré que le béton était intact. Le barrage s'est effondré parce que le terrain sous ses fondations a cédé, et non à cause d'une erreur de conception ou de construction.

Conséquences juridiques et techniques

En 1967, la Cour de cassation a jugé qu'aucune faute n'avait été commise, mettant ainsi fin à l'affaire judiciaire. Cette décision a mis en lumière les limites de la mécanique des roches en 1959. La catastrophe a entraîné un changement durable dans la conception des barrages, soulignant l'importance d'étudier la géologie des zones d'appui.