La société émiratie International Resources Holdings (IRH) étend son influence dans le secteur minier africain depuis deux ans. Cette expansion a débuté en 2024 avec l’acquisition de Mopani, une mine de cuivre située en Zambie. L’année suivante, IRH a pris le contrôle de 56 % d’Alphamin Resources, qui exploite la mine d’étain de Bisie en République démocratique du Congo, pour un montant dépassant les 300 millions de dollars américains. Le 6 octobre, Kenmare Resources, une entreprise britannique exploitant la mine de Moma au Mozambique, a annoncé avoir reçu une proposition non contraignante d’IRH en vue de racheter l’intégralité de ses activités. L’offre, formulée en numéraire, ne précise ni le montant exact ni les conditions détaillées. Les négociations entre les deux parties se poursuivent, IRH disposant jusqu’au 17 novembre pour soumettre une offre formelle ou confirmer son désistement. L’intérêt d’IRH pour Kenmare Resources s’inscrit dans une stratégie globale. Le groupe privilégie en effet les actifs existants ou à faible niveau de risque, tout en ciblant des matières premières essentielles à plusieurs industries. La mine de Moma produit des minerais contenant du titane, principalement sous forme d’ilménite et de rutile, ainsi que du zircon, dont l’exploitation pourrait s’étendre sur plus de 100 ans. Le titane est utilisé dans la fabrication de dioxyde de titane, un pigment présent dans les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et les peintures. Aux États-Unis, ce métal est considéré comme stratégique pour des applications comme le blindage des aéronefs ou les engins spatiaux. Le zircon, quant à lui, sert de matériau réfractaire, capable de résister à des températures élevées. Kenmare produit également de petites quantités de monazite, un minerai contenant des terres rares. L’impact de ces ressources sur les discussions en cours entre IRH et Kenmare reste à déterminer. Si cette acquisition se concrétisait, elle pourrait entraîner un changement majeur dans la propriété et la gestion de la mine de Moma, un acteur clé dans la production de minerais rares et précieux. Les résultats de ces négociations pourraient avoir des répercussions plus larges sur l’industrie minière en Afrique et sur les chaînes d’approvisionnement mondiales qui dépendent de ces ressources.