Zambie : passation de la mine de cuivre à une entreprise émiratie

En 2024, la Zambie a confié la gestion de Mopani Copper Mines, l'un de ses plus grands producteurs de cuivre, à l'entreprise émiratie International Resources Holding (IRH). L'objectif était de relancer la production de cuivre et de stimuler l'économie locale, avec un objectif à long terme de 300 000 tonnes de cuivre raffiné par an d'ici 2029.

Structure du partenariat et financement

L'accord de partenariat, finalisé en mars 2024, a accordé à IRH une participation de 51 % dans Mopani, la société d'État ZCCM Investments Holdings (ZCCM-IH) détenant les 49 % restants. L'engagement financier initial a été fixé à 1,1 milliard de dollars, dont 620 millions de dollars en fonds propres et jusqu'à 480 millions de dollars de prêts destinés à restructurer les dettes héritées de l'ancien propriétaire, Glencore.

Progrès de la production et améliorations de la mine

Mopani a annoncé une hausse de 63 % de sa production de cuivre entre 2023 et 2025, avec 66 369 tonnes de cuivre produites en 2025. Plusieurs projets d'infrastructure, notamment le développement souterrain de Mindola Deep et la modernisation des installations de Mufulira, ont progressé. En juin 2026, la mine a annoncé sa plus forte production mensuelle de minerai depuis deux ans.

Retombées économiques pour la Zambie

Le projet Mopani a déjà injecté plus de 685 millions de dollars dans l'économie zambienne par l'intermédiaire de plus de 1 300 entreprises locales intégrées à sa chaîne d'approvisionnement. Sur ce montant, 311 millions de dollars sont allés à des entreprises détenues par des Zambiens, et 374 millions de dollars à des sociétés étrangères immatriculées dans le pays. Le projet a également créé plus de 13 000 emplois, dont 2 293 depuis mars 2024, et lancé un programme de modernisation d'hôpital doté de 14,8 millions de dollars.

Différends sur les engagements financiers

Des tensions sont apparues entre IRH et ZCCM-IH au sujet du financement du projet. ZCCM-IH a accusé Delta Mining, la filiale d'IRH, de sous-financer Mopani, les paiements effectués en 2025 étant inférieurs de 61 millions de dollars aux engagements minimaux. D'autres problèmes concernent des budgets de développement non dépensés et l'utilisation non autorisée de prêts coûteux, ce qui soulève des inquiétudes quant aux pratiques de gestion et aux qualifications des sous-traitants.

Discussions politiques et déclaration conjointe

Le président zambien Hakainde Hichilema a rencontré le directeur général d'IRH à Abou Dhabi afin de répondre aux préoccupations concernant les performances de Mopani et son rôle dans les ambitions cuprifères de la Zambie. La déclaration conjointe du 14 octobre entre IRH et ZCCM-IH visait à apaiser les tensions, même si elle n'a pas précisé de nouveaux engagements financiers ni de plan de résolution des différends. Pour que Mopani atteigne ses objectifs, les deux partenaires doivent désormais se concentrer sur l'augmentation des investissements et la recherche de la rentabilité.