Vous ouvrez l’application de votre banque entre deux réunions, puis à nouveau avant de vous coucher, même si votre compte se porte bien. Ce petit geste du pouce, répété des millions de fois sans y penser, consiste à vérifier votre solde, vos dernières transactions et les virements à venir. On imagine souvent que ceux qui consultent constamment leurs comptes peinent à boucler des budgets serrés en fin de mois. Pourtant, la réalité est plus nuancée, même dans le contexte économique difficile actuel : ce comportement concerne aussi bien les personnes aux finances tendues que celles disposant de revenus confortables.
L’argent reste l’une des principales sources d’anxiété. Selon le rapport Stress in America 2024 de l’American Psychological Association, 66 % des femmes et 61 % des hommes considèrent l’argent comme une source importante de stress. Ce phénomène n’est pas nouveau : depuis le premier sondage en 2007, l’argent figure en tête des facteurs de stress pour les Américains. En 2014, 72 % des adultes disaient s’inquiéter pour leurs finances au moins de temps en temps, et 22 % ressentaient un stress extrême, selon l’APA. Si ces chiffres concernent spécifiquement les États-Unis, ils illustrent un mécanisme plus large : ce n’est pas seulement le montant disponible qui génère du stress, mais l’incertitude qui l’entoure. Un chiffre à l’écran donne l’illusion de maîtriser l’imprévisible, offrant une tranquillité temporaire. Pourtant, ce soulagement est éphémère, et le doute revient rapidement, accompagné de l’envie de vérifier à nouveau.
Cette vérification compulsive des finances est alimentée par une intolérance à l’incertitude. Nous percevons souvent l’inconnu comme une menace. Une étude menée auprès de 1 046 adultes a montré que cette caractéristique conduit à un besoin de tout contrôler, à un doute chronique et à une quête permanente de réconfort. Le problème, c’est que rechercher des certitudes peut paradoxalement entretenir l’anxiété dans le temps. Chaque consultation du solde apporte un apaisement temporaire, mais elle renforce aussi l’idée que cette vérification était nécessaire. Cela crée un réflexe difficile à briser.
Une étude révèle que ce réflexe est davantage lié à l’humeur qu’à un besoin réel. En 2009, les économistes Niklas Karlsson, George Loewenstein et Duane Seppi ont étudié les investisseurs scandinaves et américains. Leurs conclusions, publiées dans la revue Journal of Risk and Uncertainty, ont montré que les individus surveillent davantage leurs comptes après une bonne nouvelle et « font l’autruche » face à une mauvaise. Les chercheurs ont baptisé ce comportement « l’effet autruche », en référence à l’oiseau qui enfouit sa tête dans le sable pour éviter le danger.
Ces études portent sur les investisseurs, mais leur logique s’applique à tous. Nous consultons nos comptes pour nous rassurer, pour savourer un solde confortable ou pour apaiser un malaise général. Si ce réflexe vous préoccupe ou prend trop de place dans votre quotidien, quelques ajustements simples peuvent aider : désactiver les notifications, réserver un moment précis chaque semaine pour vérifier votre compte, ou en parler à un proche. Si le stress persiste, un psychologue peut aider à en identifier la cause profonde.
Le fait de consulter fréquemment son compte bancaire est lié à l'anxiété et à l'incertitude
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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