Un rapport révèle que 66 % des professionnels utilisent des outils d'IA non autorisés, dits « Shadow AI », pour contourner des processus complexes, sources de risques pour les données.
Deux professionnels sur trois utilisent une IA de l'ombre
Selon un baromètre Forvis Mazars–ESSCA publié le 1er octobre 2026, deux professionnels sur trois déclarent des usages non encadrés de l'intelligence artificielle dans leur entreprise, un phénomène appelé « Shadow AI » ou « IA de l'ombre ». Ce terme désigne des salariés qui utilisent des outils d'IA comme ChatGPT sans passer par les circuits de validation de l'entreprise, souvent pour contourner des processus de travail qu'ils jugent inutilement complexes.Les risques d'un usage non encadré
Cette pratique préoccupe les directions informatiques, qui soulignent plusieurs risques, notamment l'exposition de données confidentielles, la diffusion de résultats non vérifiés et la confiance accordée à des fournisseurs externes pour des informations sensibles. Ces risques mettent en évidence la nécessité d'un encadrement plus structuré des outils d'IA au sein des organisations.La Shadow AI ne se limite pas au service client
Le phénomène ne se cantonne pas aux services clients, où les salariés peuvent passer beaucoup de temps à retrouver l'historique des demandes, à consulter des procédures et à vérifier des informations dans plusieurs systèmes. Dans ces situations, les salariés peuvent choisir d'utiliser des outils d'IA pour gagner du temps, même si ces outils n'ont pas été officiellement adoptés par l'entreprise.Les entreprises prévoient d'investir dans l'IA
Le baromètre Forvis Mazars–ESSCA indique également que 58 % des répondants déclarent que leur entreprise prévoit d'augmenter ses investissements dans l'IA. Toutefois, le rapport suggère qu'avant d'ajouter de nouvelles technologies, les entreprises devraient examiner ce que les salariés cherchent déjà à corriger par des usages non autorisés de l'IA.Confondre vitesse et performance
Le rapport met en lumière une confusion possible entre la rapidité d'exécution et l'amélioration de la performance. Par exemple, réduire le temps consacré à la préparation de rapports mensuels grâce à l'IA peut sembler bénéfique, mais si ces rapports sont rarement utilisés, le véritable progrès consisterait à s'interroger sur leur utilité plutôt qu'à se concentrer sur la vitesse.La nécessité de discussions organisationnelles plus approfondies
Le rapport recommande que les entreprises associent les responsables opérationnels et les équipes informatiques à des discussions qui vont au-delà de l'arbitrage budgétaire ou de la validation technique. Ces échanges devraient viser à comprendre les problèmes de fond qui poussent les salariés à utiliser des outils d'IA non autorisés. Cette démarche pourrait révéler des opportunités de simplifier les processus, de revoir la circulation des données et d'identifier des tâches qui pourraient être supprimées plutôt qu'automatisées.La Shadow AI, reflet de problèmes organisationnels
Tout en reconnaissant les risques liés à la Shadow AI, le rapport suggère que l'ampleur de ce phénomène devrait inciter la direction générale à s'interroger sur ce qui motive ces pratiques. Il affirme que les entreprises ne devraient pas seulement chercher à reprendre le contrôle des outils d'IA, mais aussi réfléchir au fonctionnement réel de leur organisation et aux contraintes qui freinent la productivité.