L'Afrique du Sud relance son industrie du combustible nucléaire avec une nouvelle installation d'enrichissement de l'uranium, un retour dans un secteur délaissé il y a plus de 30 ans.
La renaissance nucléaire de l'Afrique du Sud commence
L'Afrique du Sud, seul pays d'Afrique à produire de l'électricité nucléaire, explore de nouvelles perspectives dans la fabrication de combustible nucléaire grâce au développement de réacteurs avancés. Cette démarche pourrait marquer le retour du pays à une activité qu'il avait abandonnée il y a plus de trente ans.Signature d'un nouvel accord pour l'enrichissement de l'uranium
Le jeudi 15 octobre, l'entreprise américaine Quantum Leap Energy et la société publique sud-africaine Necsa ont signé un accord-cadre contraignant en vue de développer une installation d'enrichissement de l'uranium sur le site de Pelindaba, près de Pretoria. Le projet prévoit la création d'une coentreprise dont Quantum Leap Energy détiendrait environ 80 % et Necsa environ 20 %.Une installation destinée à produire du combustible nucléaire avancé
La future usine devrait produire du HALEU, un type d'uranium enrichi à plus de 5 % et à moins de 20 %. Ce matériau sert de combustible dans certains réacteurs nucléaires avancés et intéresse des entreprises comme TerraPower, qui développe des réacteurs de nouvelle génération.Contexte historique de l'industrie nucléaire sud-africaine
Selon la World Nuclear Association, l'Afrique du Sud disposait autrefois d'une installation d'enrichissement appelée Z-Plant, qui approvisionnait la centrale nucléaire de Koeberg. Cette installation a fermé ses portes en 1995 pour des raisons économiques. Depuis, Eskom s'approvisionne en enrichissement et en fabrication de combustible sur le marché international.Le gouvernement soutient le développement du cycle du combustible nucléaire
Le projet s'inscrit dans les ambitions industrielles du gouvernement sud-africain. En octobre 2025, le ministre de l'Électricité et de l'Énergie a annoncé des projets visant à développer des activités locales dans le cycle du combustible nucléaire, au-delà de la seule production d'électricité. Cet accord constitue un pas en avant dans cette direction.Des défis demeurent pour le projet
Si l'accord conclu avec Quantum Leap Energy constitue une étape importante, le coût de l'installation et le calendrier de sa mise en service restent à déterminer. Les partenaires devront également poursuivre les essais et obtenir les autorisations nécessaires avant de passer à une production commerciale.