Avant l’inauguration de sa prochaine exposition Ibrahim Mahama. Le temps des récoltes, prévue le 22 octobre, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a dévoilé un nouveau restaurant gastronomique. Conçu par la cheffe étoilée Anne-Sophie Pic, ce lieu se veut un espace où se rencontrent art, architecture et création culinaire. Une évolution notable pour la fondation, qui accueillait autrefois ses visiteurs avec quelques tables et chaises disposées dans son jardin, boulevard Raspail. Installée depuis un an dans ses nouveaux locaux place du Palais-Royal, la fondation révèle aujourd’hui une nouvelle facette de son projet : son restaurant, confié à Anne-Sophie Pic. L’idée est née il y a trois ans sous l’impulsion d’Alain Dominique Perrin, président de la fondation, qui a proposé cette collaboration. Le restaurant, aménagé dans un bâtiment haussmannien repensé par l’architecte Jean Nouvel, dispose d’une entrée indépendante au 164, rue de Rivoli. Si certains pourraient considérer ce lieu comme distinct du musée, la fondation insiste sur le fait qu’il s’inscrit dans la continuité de son engagement pour l’excellence artistique, tant dans ses collections que dans sa programmation. L’expérience proposée va bien au-delà de la simple dégustation. Elle inclut des performances créées par un artiste en résidence, en collaboration avec le metteur en scène Cyril Teste et la designer Nina Chalot. Anne-Sophie Pic évoque un menu en sept parties, conçu comme une « expérience synesthésique » mêlant goût, performance et art visuel. Chaque année, le menu sera renouvelé, intégrant non seulement des ingrédients de saison, mais aussi une dimension culturelle. Par exemple, le plat « Plier la pâte » propose un texte chuchoté par le poète et performeur Anne-James Chaton, diffusé via des écouteurs, ajoutant une dimension narrative au repas. L’art visuel s’invite aussi subtilement dans l’assiette. Une crème de thon rouge à la sauce pil-pil évoque la gestuelle du dripping de Jackson Pollock, tandis qu’un dessert à la vanille, aux formes géométriques, rend hommage à Victor Vasarely. Ces références ne sont pas plaquées, mais découlent naturellement de la créativité culinaire. Le décor du restaurant, imaginé par Claire Bétaille et Bruno Moinard, joue sur des pivoines sculptées suspendues au plafond et une ambiance minimaliste, avec des bois chauds et des tissus soyeux. Les espaces de restauration, organisés autour d’une table centrale, évoquent des cocon, tandis que la cuisine ouverte sert de scène. Le menu à sept services, proposé à 260 euros, offre une immersion totale, tandis que le déjeuner en semaine propose une version plus légère, entre 120 et 185 euros. Pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, la fondation a également ouvert un bar cosy nommé Utopic, proposant 22 cocktails, à quelques mètres seulement. Cette initiative s’inscrit dans la démarche de réinvention constante de la fondation, qui marie art et gastronomie de manière inédite.